La Prairie
C’est une combe que je connais par cœur, je l’ai empruntée tellement de fois à cheval principalement mais aussi à pieds et, en son temps, j’en ai déjà parlé.
Aujourd’hui, le vent léger fait oublier la chaleur d’en bas et ce lieu a le goût du passé. Les branches des sapins qui me caressent le visage dans les passages boueux quand il faut longer l’extrême bord du chemin, se souviennent-ils de moi ? Personnellement, je les retrouve intactes et j’ose croire que je ne leur suis pas étrangère. Au loin, on entend l’aboiement du chevreuil, sans doute une mère qui appelle son bébé, le sentant en danger du fait de notre présence. La buse, qu’on appelle l’aigle ici, passe au-dessus de nous en sifflant.
Demain, s’il fait beau nous irons ramasser les nombreuses framboises sauvages qui poussent, à l’écart des touristes qui ne connaissent pas cet endroit où les sapins ne sont pas verts tout simplement, mais gris, olivâtres et autres tons d’émeraudes.

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En cette fin d’été, ce sont les bleuets et les millepertuis qui se partagent surtout les prairies, mêlant leurs couleurs chaudes et froides avec harmonie, dominées par les ombellifères nacrées.

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Samedi nous partirons, après un court séjour dans la région parisienne, vers d’autres cieux, sans doute plus bleus, plus chauds mais mes promenades passées resteront comme un beau souvenir de plus et je sais que je reviendrai.

En l’église de Nantua, tableau de Delacroix : martyr de Saint Sébastien.