L'abbaye de la Celle
C'est ainsi qu'elle est nommée dans les guides et c’était la deuxième fois que nous y allions, la première fois nous étions restés devant une porte fermée.
Cette fois, notre première impression ne fut pas très bonne : le panneau explicatif de la billetterie était bourré de fautes d’orthographe, ce qui est tout à fait inadmissible ! Heureusement, la suite fut nettement plus intéressante, nous avions affaire à une guide qui connaissait bien son sujet et qui nous a appris plusieurs choses, notamment qu’on parle d’abbaye alors que ça n’en est pas une : c’était un prieuré du XIIème siècle, composé d’environ 30 à 40 moniales bénédictines de bonne famille et qui dépendait de l’abbaye de Saint Victor de Marseille. Il y eut deux églises accolées l’une à l’autre, celle du prieuré même, l’église Sainte Marie et celle de Sainte Perpétue, église paroissiale qui fut démolie, faute d’entretien. Les habitants utilisèrent les pierres pour construire leurs habitations. Depuis, la première sert d’église paroissiale. Il ne reste de l’ancien prieuré que, outre son église, la salle du chapitre, une partie de l’hôtellerie en réfection et le cloître.
Une des particularités des lieux est le christ en croix. Lorsque je l’ai aperçu, j’ai été saisie par son originalité : cheveux ras et à peine de barbe, un corps long et maigre au torse bombé. On aurait dit un homme issu des camps de concentration. En l’examinant de plus près, on remarquait les veines dessinées sous la peau et il n’y avait pas la blessure de la lance du centurion traditionnellement représentée sur les christs habituels, ni les jambes cassées. En fait Jésus n’est pas représenté mort, mais vivant et selon l’endroit d’où on le regarde, l’expression peut révéler l’extrême souffrance ou la mansuétude. Il est finalement admirable de réalisme.

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Dans la salle du chapitre
Dehors dans le cloître, non pas abandonné puisqu’en réfection, mais un peu négligé, il y avait des mûriers aux troncs creusés à l’extrême, ce qui ne les empêche pas de vivre visiblement et résultat paraît-il de l’action des moutons qui s’y sont frottés sans cesse durant plusieurs années. J’ai goûté au fruit qui ressemble à une petite framboise et qui est très sucré.