Un certain chêne vert

Cheminement au jour le jour d'une vie banale

29 juin 2009

Du 22 au 28 juin 2009

Lundi

         Voilà, j’entame ma dernière semaine à P.

         Ce matin, il faisait froid, 12°, pas plus et un vent du nord qui aurait fait pâlir d’envie un hiver rigoureux. Néanmoins, j’ai décidé d’amener mon cheval chez moi, au gîte où je bénéficie d’un grand terrain avec un peu d’herbe. N’ayant qu’une voiture, c’est en vélo que je fais les 12 kms aller et à cheval le retour. Les granges de P sont joliment éclairées par le soleil du matin. C’est un endroit froid à

950 mètres

d’altitude, peu peuplé et sauvage. C’est maintenant un site protégé. On ne peut plus y construire où on veut, comme on veut. Malheureusement, encore trop de fils électriques !

         

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         C’est dans ce hameau que j’ai vécu 7 ans, dans une habitation peu agréable et humide. J’y suis arrivée, aux environs du 10 août, sous la pluie, le brouillard et le froid, la mort dans l’âme, venant du Lot au climat plus clément et où je me plaisais bien. Et puis je m’y suis faite, j’ai découvert petit à petit les richesses et les beautés de la région, pas obligatoirement plus rustique mais tellement plus rude que dans le sud ouest. 

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Mercredi

         La semaine s’achèvera alors que je l’aurai à peine commencée dans ma tête. Le tas des dossiers de mes patients diminue un peu plus chaque jour mais je ne manque pas de travail pour tout clôturer.

         Ce soir, à l’inverse de lundi, j’ai ramené mon cheval à son pré. Le soleil, les mouches, les petits oiseaux, tout y était.

J’ai voulu passer par le chemin de « la prairie », un peu plus long mais si authentique (comme on dit pour être à la mode, ou… magique, c’est encore mieux). C’est dans ce lieu, il y a 10 ans et dans les mêmes circonstances, que je me suis retrouvée, en fin de matinée, au beau milieu d’une rave party sauvage, avec le cheval que je venais d’acquérir quelques jours auparavant. Je suis donc passée, pas très fière, entre deux rangées de Pitt bull, à moitié baveux, tenus en laisse par des maîtres plus très frais. Dans les voitures, dormaient ou cuvaient ou rêvaient des jeunes qui ne se rendaient même plus compte de rien, ni du bruit de la sono poussée à son maximum.

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         En revenant à vélo, ce soir, à 9H et quart, le soleil allait quitter le village encore tout rose.

         

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Jeudi

         Il n’est plus ! Il chantait si bien, il était si beau et si fier de son harem à qui il rendait honneur sans compter. Il a visiblement combattu pour la vie, de toute la force de son bec et sa crête d’un rouge violent s’est mêlée au sang de ses blessures…. La renarde était là, tapie dans l’herbe haute, attendant le moment propice où de son pas saccadé, il approcherait suffisamment pour lui sauter dessus et planter ses crocs dans sa gorge fragile, celle qui lançait ce cocorico tant victorieux. Il a semé ses plumes colorées un peu partout, montrant ainsi qu’il fut un fier combattant. Mais voilà, les petits renardeaux avaient faim… Et le coq de M. V ne sera plus qu’un souvenir.

         

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Vendredi

A 15H15 aujourd’hui, j’ai fini de travailler. Je ne réalise pas du tout. J’ai plus l’impression d’être en vacances et même un peu de les voler puisque d’habitude je travaille jusqu’à la fin juillet.

         Il faut dire que j’ai fait tout ce qu’il fallait pour ne pas me laisser envahir par la tristesse. Le mot vieillir existe bien, il ferme les portes derrière lui. C’est la fin d’un état, le début de je ne sais pas trop quoi encore, un vide qu’il me faudra remplir coûte que coûte. Tous ces petits vont me manquer, un peu quand même.

         Certaines attentions m’ont touchée : une fleur offerte par Robin, un assortiment de produit lacté de la région par Choupette et surtout ce petit billet plié en quatre, donné par une petite fille au tempérament un peu rude qui cache une très grande sensibilité. Une petite fille, peu gâté par la chance; une fillette qui souffre sans mot dire sous ses allures un peu brusques. Puis soudain, d’un air timide, elle me tend ce bout de papier de rien qui pour moi, a la valeur d’un vrai cadeau, elle savait qu’elle était ma dernière rééducation. Alors, elle et ses deux copines ont pensé à moi.

         

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Dimanche

         Dernier, dernière, c’est le mot auquel je pense le plus en ce moment, entre le dernier carton de livres à fermer et le tapis à rouler, entre le dernier dossier à envoyer et le dernier fruit à acheter chez la petite marchande de fruits et légumes du Gard qui ne vient que l’été à Nantua.

         Et bien aujourd’hui, ce sera la dernière promenade à cheval dans ma forêt, celle qui m’a souvent consolée de mes soucis, qui m’a donnée de belles sensations à skis, seule ou avec ma chienne en ski-joërring, qui m’a fait parfois peur quand, d’un coup, ayant exploré un nouveau chemin, je me croyais perdue.  Il n’y aura peut-être pas de photo pour illustrer pour la simple raison que mon appareil donne des signes de faiblesse, il refuse parfois de s’ouvrir.

Et, si, il a été gentil ce petit appareil, mais il a quand même un problème.

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Posté par martinev à 08:32 - Journal - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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