07 juin 2009
Du 1er au 7 juin (2ème partie)
Mardi
Hier soir, comme je ne tiens pas en place (c’est légendaire dans la famille), je suis allée dans une clairière, à la tombée du soir, observer une fois de plus la nature. Toujours pas d’animaux, hormis les oiseaux qui chantent et volètent d’arbre en arbre. Mon poste d’observation est à plusieurs mètres au-dessus du sol et je n’en connais pas la solidité. Mais finalement, tout se passe bien et j’ai pu jouir, une fois de plus, de la paix de la nature, avec pour seul bruit d’origine humaine les quelques avions qui tournent au-dessus du plateau avant d’atterrir à Genève.
Et, ce soir, j’ai eu besoin de me détendre. La fin de mon activité me pèse : je n’ai pas de remplaçant et les clients me demandent quoi faire. Ils se sentent désemparés et finissent par me donner mauvaise conscience. Les cabinets les plus proches sont saturés et ont des listes d’attentes longues comme des jours sans pain : jusqu’à 135 patients. Que faire ? Rien, sinon espérer que sous peu quelqu’un s’installera. Alors, je suis partie dans la forêt parmi les arbres qui jouaient avec les derniers rayons du soleil.
Tout aurait été parfait si ma chienne ne s’était pas sauvée pendant un bon quart d’heure, poursuivant sans doute quelque chevreuil ou sanglier, sans se soucier le moins du monde de mon existence. Et c’est au moment où je me suis décidée à retourner à la maison qu’elle est revenue, épuisée, la langue pendante, presque jusqu’à terre, soufflant comme un soufflet de forge…
Samedi
Nantua se prépare au tournage du film « Quartier lointain », les enfants sélectionnés pour la figuration passent chez le coiffeur du plateau de tournage pour une coupe des années 60. Les vitrines de la rue principale, relookées par une jeune bande de peintres de cinéma, qui contribuent à nous créer des vitrines de charme et des cinémas Palace, sont à la mode de ces années là et les voitures de notre époque sont interdits de stationnement, les trottoirs attendent les vieilles voitures d’avant 1967. Tournage fin juin et début juillet.
Dommage que je déménage, j’aurais bien postulé pour être figurante. Ça aurait pu être une expérience intéressante.
Ici, dans cette vitrine réaménagée, de la lingerie. Vous noterez au passage le caractère enveloppant des soutien-gorge et les fesses bien rondes de la dame qui pose devant la tour Effel, pour mettre en valeur le futur panty (en fait un collant apparemment). A l’époque, 20 ans après la guerre, on osait déjà beaucoup et les mannequins n’étaient pas anorexiques comme maintenant.
On avait déjà inventé les chaussures à bouts pointus et on se cachait volontiers derrière de grands chapeaux. Pas besoin de crèmes, indice 60. D’ailleurs, ça n’existait même pas, le bronzage était de rigueur. Il y a quand même un mannequin, sorte de girafe, qui a mauvaise mine.
Une fois rentrée à la maison, bobonne, quittait ses accessoires de mode, enfilait ses chaussons, se couvrait d’un tablier et actionnait avec jouissance les robots ménagers, repérés au salon international des arts ménagers. Robots censés lui faire gagner un temps précieux qu’elle pourrait consacrer à « Papa » qu’elle avait pour mission de distraire tendrement de ses soucis professionnels. Pourquoi pas en préambule un petit bonbon. Pas toujours réservés aux enfants.
Demain, on repartirait faire les magasins pour, peut-être, acheter la petite robe twist repérée ce matin.
Et oui, moi aussi, j’ai porté une petite robe twist mais un peu plus tard, un peu plus courte, en 1970. J’avais alors juste 20 ans ou… à peine plus !
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