Un certain chêne vert

Cheminement au jour le jour d'une vie banale

26 avril 2009

Du 20 au 26 avril 2009 (1ère partie)

Lundi

         Et tandis que la mouette continue, sans doute, à regarder vers le large à l’horizon dégagé, moi je scrute les hauteurs où les sapins en dentelles déchirent le ciel grisâtre du jour, sous les croassements du corbeau qui passe.

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Mardi

         La journée s’est terminée sous les orages et je n’ai pu aller faire ce tour en vélo comme je l’avais décidé. Alors, après le dîner, je me décide pour une balade dans la forêt. Il fait encore jour à 20H.

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         Elle n’est pas en très bon état, après cet hiver si rigoureux mais le printemps fleurit et les branches qui ne se sont pas encore relevés de l’abondante neige qui, pendant des mois les a courbés, reverdissent cependant, comme si de rien n’était.

         Les fourmis tous comme les hommes s’activent, elles pour réparer leur logis et eux pour engranger les bois coupés, en de multiples tas qui jalonnent le chemin que je poursuis jusqu’au bout, là où les arbres, plus rares, laissent entrevoir le ciel rosé du couchant.

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Mercredi

         En soirée, après mon travail, je pars à Izernore pour me promener à cheval. C’est sans doute la dernière fois que je vais sur l’ancien terrain de cross hippique, si lourd de bons souvenirs à l’époque de sa splendeur. C’est là que nous organisions ces concours, tous d’un très bon niveau. Le parcours en forêt, était apprécié de tous. On ne ménageait pas sa peine : repas plantureux, remises en état, entretiens des allées, organisation du déroulement, recrutement des commissaires d’obstacles etc... C’était de belles journées à l’ambiance chaleureuse. Comme dans toute compétition de cross hippique, les cavaliers avaient une épreuve de dressage, une d’obstacles démontables et une d’obstacles naturels sur ce long parcours vallonné et varié. C’est aussi là qu’a eu lieu un grand drame : un concurrent, s’est tué : il a chuté en sautant « le toit de la bergerie », son cheval lui est tombé dessus et a éclaté sa tête pourtant protégée. Après, ça n’a plus jamais été pareil…

         Je laisse ma bête galoper un peu entre les obstacles qui ne ressemblent plus à grand-chose. Les deux-tiers d’entre eux ont disparu, démontés ou mangés par la forêt elle-même.

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Celui-ci était un contre-haut qui débouchait dans une mare. Obstacle difficile, certains chevaux craignent l’inconnu de l’eau et les commissaires avaient beaucoup de travail avec les refus et chutes. C’était un poste envié pour son spectacle.

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Il se nommait « Le Piano », car il y avait des touches blanches et noires représentées au sol. Trois contrebas à franchir, juste après un contre-haut. Il était délicat et le manque de visibilité le rendait difficile.

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Le « Passage de route » : il paraissait simple mais la vérité était tout autre. Il y avait peu de place pour le franchir et juste en dessous, le chemin par où le cavalier arrivait, venant d’une autre difficulté.

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Une table ; ce genre d’obstacles (il y en avait de plus hautes) se franchissait bien : le cheval n’avait pas trop le choix et la visibilité était bonne, il était par contre, plus impressionnant pour le cavalier à cause de sa largeur.

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Un simple trou et pourtant les équidés en ont souvent très peur !!!

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Du 20 au 26 avril 2009 (2ème partie)

Jeudi

         Comme d’habitude, maintenant, je vais chercher E à Ambérieu pour passer le week-end ensemble. Quelques minutes de liberté me permettent de photographier le village de Cerdon du haut de la départementale, ex nationale 84. Ce joli village de vigneron, situé au fond d’une reculée depuis l’époque celte, est fier de son vin pétillant. Personnellement, je ne l’aime pas, je le trouve trop sucré à mon goût. Mais, comme tout village de vignobles, Cerdon paraît propret avec ses maisons, certaines moyenâgeuses, serrées les unes contre les autres, aux porches généreux qui permettaient alors de pouvoir pénétrer dans les cours intérieurs ou dans les caves avec des chevaux. L’église, un peu à l’écart, est entourée par son cimetière, intimement mêlé à la vigne. Ici, de la mort, la vie renaît. Du haut du belvédère, dans le Val d’Enfer, un monument construit en l’honneur des martyrs du maquis, par Charles Machet rappelle une histoire plus moderne. Il est illustré par cette phrase en adéquation avec les lieux : « Où je meurs renaît la patrie » (Aragon).

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Samedi

         Il faut profiter du beau temps pour sortir le cheval, il aura besoin de ses muscles bientôt pour sa remontée dans les alpages.

         Nous quittons son pré et les moutons pour une promenade de deux heures et demie, presque toujours au pas.

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         J’essaye des chemins, mais ne sachant pas où ils mènent vraiment, en général je fais demi-tour. Il reste cependant les incontournables comme ce gué à traverser et où, lui et la chienne, en profitent en général pour s’abreuver.

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Au retour nous nous arrêtons au cercle hippique que j’ai fréquenté durant 17 ans. Malheureusement des histoires dignes d’un célèbre petit village Gaulois m’ont contrainte d’en partir assez fâchée. Mais je ne suis pas d’un naturel rancunier et je vais faire mes adieux à la monitrice chez qui ma chienne a vu le jour, il y a neuf ans. Son frère Maëco, l’acrobate, accepte de grimper une fois de plus sur le cheval qui reste de marbre, il avait l’habitude. Un vrai cheval de « salon de l’agriculture ».

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Dimanche

         Ce matin, en attendant la pluie prévue pour la journée, je vais me promener dans la forêt de C juste derrière chez moi. Je vous y invite.

                                                                                             

04 26 Promenade "très nature" en forêt dans le Haut Valromey

La clochette sert à localiser la chienne quand elle se sauve pour courser quelques bêtes sauvages et aussi à prévenir ces dernières de l’arrivée d’un prédateur. Quand je n’entends plus rien, c’est qu’elle est vraiment loin et je n’ai plus qu’à attendre patiemment qu’elle revienne.

Cette forêt, malheureusement bien malade, ce qui explique les travaux de coupes de bois, s’habille cependant de toutes les tonalités de verts mêlés aux gris des troncs, les oiseaux y chantent avec force et les petites violettes attirent l’œil au milieu des feuilles mortes et des pignes de sapins. Arrivée au bout du chemin, trois possibilités s’offrent à moi. Je tente le chemin de gauche qui me ramène au bout d’un quart d’heure sur le chemin principal. Alors je prends celui de droite qui me conduit à la route forestière goudronnée, bien connue de mes souliers. La prochaine fois je prendrai celui du milieu.

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         La grippe porcine arrive !!! Pas de panique ! J’ai les masques distribués par le ministre à tous les professionnels de santé et non utilisés pour la mythique grippe aviaire. Sauf que… Ils sont au fin fond du garde-meuble…

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19 avril 2009

Du 13 au 19 Avril 2009 (1ère partie)

Lundi

         Double click de mes chaussures sur les skis et je suis partie sur les pistes. Départ Cuvéry, direction La Platière. Je n’ai pas l’intention d’aller plus loin et ce sera ma dernière sortie. Les pistes elles-mêmes ne manquent pas de neige, la dameuse a tassé celle-ci pendant de nombreux mois et elle résiste au climat de cet avril doux et souvent ensoleillé. Le temps est brumeux mais il ne pleut pas. Le contraste est saisissant entre les versants nord enneigés et les versants sud déplumés où l’herbe jaunie par le manque d’oxygène n’attend que le soleil pour reverdir enfin.

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Chaque arbre est entouré maintenant de sa petite couronne de feuilles mortes.

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La Platière, but de ma visite du jour. Je vous présente ma résidence secondaire au réservoir accolé à la maison comme il se doit. La toiture a été entièrement refaite mais tout l’intérieur est à aménager.      

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Bien entendu, tout ceci est faux, je ne l’achèterai jamais. Premièrement je n’en ai pas les moyens et deuxièmement l’accès en est un peu particulier : 4/4 en été et ski en hiver. Il n’y a pas de route, c’st l’isolement le plus complet. Néanmoins si j’étais vraiment très riche…

Retour enfin au départ après une dernière descente nostalgique : c’est la dernière. Comme pour me consoler, un petit rayon de soleil s’invite juste au moment où je détache mes skis. Instant fugace qui ne dure pas plus d’une minute puis le paysage retourne dans sa brume et se referme à mes yeux.

Mercredi

         Et tandis que Madame météo, ses petits nuages et ses pluies qui traversent le pays sur le petit écran muet devant moi, s’agite, croisant, décroisant les jambes avec un art, chaque jour renouvelé, je prépare mon voyage vers Hyères de demain. Le départ est prévu entre 6H et 6h30.

       Chaque fois, c’est une interrogation nouvelle : Quels conseils autoroutiers vais-je trouver sur ma route ? Que vont-ils inventer pour modérer ma vitesse, m’empêcher de boire, penser à mes enfants (Dieu merci, ils sont grands), sauver la planète, faire de moi, en un mot, un bon citoyen en voyage ? Voici donc quelques une de ces petites perles pondues sur les panneaux et qui nous interpellent, dangereusement, je dois le dire car le temps de lecture de cette prose est du temps en moins à observer la route.

Conseils météo :

« Face à l’hiver, êtes-vous prêt » ?

« Avec l’hiver, adaptez votre conduite »

« Pluie, neige, brouillard, prudence ». (Celui-là me sera bien utile pour demain, d’après la Madame Météo de ce soir).

Comportement sur la route :

« Pour aller plus loin, ne roulez pas trop près »

« Pour votre sécurité, vitesse modérée »

« Téléphone au volant, accident »

« Voyage préparé, sécurité »

Ligue anti alcoolique

« Qu’êtes-vous prêt à risquer pour un verre » ?

Sauvons la planète et soyons altruiste

« Conduire mieux, moins de CO2 »

« L’autoroute est à tout le monde, partageons la »

Et enfin, la famille, notre bien le plus cher

« Enfants attachés, vie protégée »

« Papa, je t’aime, attache-moi bien… Toujours » (Vous noterez au passage, les trois points de suspension).

         Alors, demain, c’est promis, je serai sage !

Jeudi

         Départ comme prévu et l’avantage de partir le matin tôt est qu’on voit souvent des animaux sauvages. Aujourd’hui, un lièvre a traversé juste devant ma voiture et un sanglier folâtrait sur le bas côté. Il a fini par partir se cacher au trot en franchissant le rideau d’arbre pour pénétrer dans la forêt.

         Madame météo ne s’était pas trompé, ou presque pas car elle n’avait pas prévu la neige sur ma route, elle ne devait tomber qu’à 1700 mètres. Alors, à moins que le col de la Croix Haute (1176 m) n’ait poussé dans la nuit… Il y neigeait à gros flocon sous une température de 1° Bon, je suis tout de même bien arrivée mais quand même, si j’avais eu le choix, je serais partie demain.

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Du 13 au 19 Avril 2009 (2ème partie)

Vendredi

         Tout a poussé et surtout des plantes qui s’infiltrent partout, grimpent sur les restanques, s’enroulent autour des pierres. Ici, à Hyères, il n’y a pas vraiment de saison de repos végétal ou si bref. Après un hiver pluvieux, tout est à recommencer. Le petit chêne vert va bien, il fait plein de feuilles nouvelles. Il a trouvé, ici, sa raison de vivre. C’est déjà ça.

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         Les rues sont calmes, mais parfois, quelques touristes qui flânent, admirent ce vieux quartier typique

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et à l’heure de la récréation des nuées d’enfants sortent en criant leur liberté retrouvée pour quelques minutes. Cette école est toute mignonne avec ses mosaïques et son rituel platane.

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         Le soir, comme à l’accoutumée, je me promène dans la vieille ville, accompagnée par le croassement des grenouilles.

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J’emprunte pour ce soir quelques petites rues inconnues. Certaines sont tellement sombres, que je n’ose m’y aventurer, même avec ma chienne.

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Samedi

         On n’est pas au bagne, alors cet après-midi, on est allé se promener à Carqueiranne, encore bien calme en cette période de l’année.

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Quelques personnes sont dans l’eau, pourtant il ne fait pas si chaud. Il est vrai qu’à l’abri du vent, se faire bronzer doit être agréable et certains prennent de l’avance sur la saison d’été.

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C’est déjà la fin de la glycine mais l’odeur qu’elle dégage est pénétrante. On n’a pas vraiment trouvé de chemin le long de la côte mais, un peu en retrait, on voit les restanques où sont cultivées les fleurs, culture traditionnelle de la région.

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Dimanche

C’est aujourd’hui que je repars à P. Il faut bien que je travaille lundi. Alors, c’est par une petite balade que nous occuperons notre matinée : le sentier du Paradis, chemin qui part du château et dont l’une des branches conduit dans la vallée du Gapeau. Ça sera sûrement une de nos futures promenades mais pour le moment, contentons-nous d’en faire un petit bout et d’admirer la végétation encore assez luxuriante, où prolifèrent plusieurs variétés de chênes : l’hiver a été très pluvieux et ce printemps n’est pas ultra sec non plus.

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         La dernière doit être une sauge mais les autres je ne connais pas. Si vous pouvez me renseigner, ce sera avec joie…

         Quant au deuxième petit chêne vert, planté en novembre dernier dans le maquis proche du château, il va bien aussi mais il a fallu désherber tout autour pour qu’il ne soit pas étouffé, notamment par ces immenses plantes qu’on appelle ici du fenouil.

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12 avril 2009

Du 6 au 12 avril 2009 (1ère partie)

Un petit aperçu du répertoire de "la Buika"

http://www.youtube.com/watch?v=Lv4D5glbdx0

Lundi

         Il fait si beau ce matin, l’envie me prend de prendre mes skis et de monter sur le plateau. D est à la maison et tous deux nous partons. Il est 10H30 et la neige, même si elle n’est pas très porteuse n’est pas encore trop molle et skier est tout à fait possible. Il en reste environ

70 cm

d’épaisseur. Plaisir d’une glisse, quand même relative et d’un soleil généreux. Peu de monde mais nous rencontrons six ou sept clampins qui ont eu la même idée que nous. Il fait très chaud et on aurait du se mettre en tee-shirt et emporter une bouteille d’eau. Pourtant l’eau ne manque pas, fonte des neiges oblige.

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Mercredi

         Depuis quelques mois, déjà même presque depuis une année, je scanne toutes les diapositives de famille. Mon but est de les sauver d’une mort lente, enfermées dans des boîtes et prenant les moisissures. Puis ce sera le tour des photos papier. Il y a donc une petite dizaine de boitiers : photos de famille (depuis 1955) et de voyages. C’est long, très long, deux photos par deux photos, numérisations, retouches éventuelles et enregistrements avec libellés. Mais le jeu en vaut la chandelle et les DVD qui en découleront feront plaisir aux différents intéressés. Faire ce geste de sauvegarde me remplit parfois d’émotions. Je vois sous mes yeux grandir les enfants, petits enfants et retrouver d’autres personnes qui ont déjà quitté ce monde. Ils revivent un instant sur mon ordinateur, présence fugace, mais leurs mimiques liés à des souvenirs les rendent si vivants. Je retrouve aussi mes propres émois, embellis par la distance. On photographie rarement les moments tristes. Je peux percevoir, à travers les clichés, les émotions de celui qui les a pris, en l’occurrence mon père qui aurait aujourd’hui 101 ans. Une fleur photographiée, c’est une fleur caressée ; un paysage de montagne ou un coucher de soleil, une fête de famille, sont des instants de bonheur fugace. J’imagine mon père disant à ma mère : « Oh ! Regarde ça bededette (Bernadette en élocution paternelle), c’est splendide ! »… et courant chercher son appareil qu’il faut régler avec minutie pour immortaliser ce paysage ou cet instant.

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Bettmeralp (Suisse) 1972

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Bords de Seine vers Corbeil Essonnes 1971

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Côte sauvage (vers Royan Charente Maritime) 1975

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Coucher de soleil à Breuillet (Charente Maritime) 1975

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Salpiglosis Breuillet (Charente maritime) 1981

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Du 6 au 12 avril 2009 (2ème partie)

Vendredi

         C’est un long week-end de pâques qui s’ouvre pour moi ce vendredi. J’en profite pour aller tâter les pistes de skis sur le plateau. Pas un chat ou plutôt si : deux pulkas tirées chacune par quatre chiens et c’est tout. Solitude totale et enivrante, comme si toute l’immensité de ce paysage ensoleillé m’appartenait, et je sens mon visage que j’ai oublié de protéger chauffé par la réverbération du soleil sur la neige. Celle-ci est un peu dure, abîmée par des marcheurs mais la douceur du climat de ce matin la ramollit suffisamment et je me fais vraiment plaisir sur ces pistes sinueuses.

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Pour ceux qui connaissent, je pars de la chapelle, direction : les Solives et ses ruisseaux,

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la Grange à Lucien,

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         le Tumet et son balcon du Mt Blanc (invisible aujourd’hui car trop de brume), la ferme de Retord et retour à la chapelle par les Solives.

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         L’après-midi, c’est le tour du cheval. Vous commencez à être habitués à cet emploi du temps, ça devient monotone. Quelques curiosités, cependant, attirent mon attention dont ce chat, magnifique animal aux poils immenses, qu’on verrait bien sur un canapé en cuir, au milieu de vases de Sèvres, dans le salon du château d’un aristocrate et qui, dans le désordre le plus total et miteux qui l’environne, se contente d’une potiche remplie d’une plante qui ne survivra pas à l’étalement de ce pacha.

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         Pendant ma promenade, je passe sous une dame de fer qui m’impressionne et qui s’élève majestueuse vers un ciel d’un bleu pur où quelques nuages blancs n’arrivent qu’à peine à s’imposer.

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Du 6 au 12 avril 2009 (3ème partie)

Samedi et Dimanche

         Week-end bien occupé avec pour commencer un mariage en région parisienne dans la vallée de Chevreuse. La réception a lieu au domaine de Quincampoix à Molières, domaine construit au 16ème et remanié jusqu’au 18ème. J’y retrouve des personnes perdues de vue depuis 30 ans. On se reconnaît mais pas toujours facile de remettre des noms sur des frères et sœurs d’une même famille, surtout quand ils sont huit !!!

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Que ce petit bonhomme a l’air triste, accroupi pour toujours dans sa guangue de pierre.

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         La nuit est un peu courte mais nous n’avons pas pour projet de rentrer directement à la maison et nous prenons le chemin des écoliers, ce qui nous fait dix heures de route au lieu de cinq. Mais le temps ne compte pas trop, les lieux sont beaux et le printemps généreux.

         Nous commençons par satisfaire notre quête des hameaux et villages du nom de Varenne(s). Il y en a un au sud-ouest d’Auxerre. Rien de notable, si ce n’est, comme nous le constatons chaque fois, la présence d’un ruisseau (la Baulche), qui serpente dans une propriété où on élève des chèvres angoras.

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Puis nous nous dirigeons vers le village de Noyers sur Serein, mais auparavant, nous passons par le village de Coulanges la Vineuse, son moulin et ses champs de cerisiers, resplendissant de leurs fleurs blanches qui contrastent avec des troncs noirs et tordus.

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         Noyers/Serein, un des plus beaux villages de France date du 11ème siècle. L’enceinte et ces tours qui en font le tour du 12ème. Les maisons à colombages ou en pierres taillées portent de nombreux blasons pour certaines.

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         Enfin dernier objectif de notre périple, rendre visite à ce château médiéval et au village, qu’on voit dans l’Auxois depuis l’autoroute A6 : Châteauneuf. Au pied de la colline, coule le charmant canal de Bourgogne.

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On peut voir encore les restes des piliers du pont levis. Les maisons du village, là aussi, portent de nombreux blasons et le lavoir en contrebas au milieu de ses pavés est original.

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05 avril 2009

Du 30 mars au 5 avril (1ère partie)

Lundi

         C’était peut-être la dernière fois : un petit tour à ski avec ma chienne à Giron, à 20 minutes de chez moi. Sur le parcours, je croise un chantier d’exploitation de la forêt et tandis que les fûts de sapin sont chargés sur les grumiers, il s’en dégage une odeur particulière comme celles des bonbons aux essences de sapin qu’on achète en pharmacie et censés soigner la toux. Je respire alors à plein poumon, peut-être que je tousserai moins..

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         Les pistes sont un peu dégradés : un traîneau attelé de chiens est passé, sans doute hier soir et a, par endroit, saccagé la piste. Il reste néanmoins de bons passages où je peux laisser aller la chienne sans risquer de tomber moi-même. On croise encore quelques skieurs, des mordus de la neige. Il paraît d’ailleurs que les sites seront entretenus jusqu’au 18 avril dans la forêt du Massacre, parc régional du Haut Jura. Cette forêt doit son nom après des affrontements entre François 1er et les armées savoyardes en 1535. Les savoyards furent par deux fois « massacrés » et les habitants nommèrent ainsi cette forêt qui portait avant le nom de forêt de la Frasse. Ce nom se généralisa après le 18ème siècle. Tout comme la forêt de Giron, elle est surtout exploitée pour ses épicéas dont certains atteignent

50 mètres

de haut. Alors, pourquoi pas bientôt un petit tour là-bas. Il faut évidemment compter une bonne heure ¼ de route…

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Mardi

         Le soir arrive, retardé par l’heure d’été. Un absent de 17H30 à 18H me permet un petit tour en vélo. Ça fait quasiment 13 ans que je ne suis pas montée sur une bécane. C’est bon, je sais toujours faire ! Juste un petit tour vers les Granges et retour. La neige nous quitte, rétrécissant ses plaques de jour en jour. L’herbe écrasée et jaunie satisfait pourtant les deux moutons laineux qui, en totale liberté, me regardent passer, nullement effrayés.

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Mercredi

         Joli temps pour un mercredi. Et tandis que je me remplis la panse, d’autres se font dorer la pilule…

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… avant la balade du soir à cheval dans les petits chemins de buis.

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Jeudi

         Le Petit Abergement : C’est un village à l’air tranquille. On dirait même qu’il a été posé là dans son univers de verdure, sous le regard du Grand Colombier, uniquement pour le plaisir des yeux. Véritable village pour publicité de fromage du cru. Je l’ai souvent pris en photo, lors de promenades à cheval. Ses habitants me connaissent un peu et notamment cette jeune femme, médaillée olympique de biathlon : Corinne. Ils sont tous plus ou moins cousins et portent pour beaucoup le même nom de famille, casse-tête pour le facteur ! Village de rivalités aussi dont je ne connais ni les tenants ni les aboutissants : on ne dit rien aux étrangers, même au bout de 25 ans. En face, un peu plus haut, de l’autre côté de la petite vallée, séparé par un ruisseau, l’autre village : le Grand Abergement. Inutile de dire que les gens d’ici et de là ne s’aiment guère. Aujourd’hui, « le Petit » est tristement à l’honneur dans les journaux : suite à une affaire de violences conjugales, on a découvert chez un ancien militaire installé là depuis quinze ans, tout un arsenal d’armes : une dizaine de tonnes ! Qui pourrait croire qu’il se passe tant de choses au fin fond de la France profonde. Mais, comme disent les gens de par là : Oh, vous savez il n’était pas d’ici…

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         (Photo de juillet 2008)

Le nom d’Abergement vient du latin albergamentum qui signifie : gîte, hospice.

Après « Le Renard et l’enfant », de Luc Jacquet, tourné sur le plateau de Retord, Nantua va aussi avoir droit aux honneurs des plateaux : depuis quelques jours on tourne un film inspiré du manga : « quartier lointain » de Jirô Taniguchi.

Vendredi

         Ça y est, E passe ses semaines à Hyères : les travaux de clôturage du jardinet, d’installation de soutien-vignes (non ! Pas de soutien-gorge) et les peintures diverses vont commencer (sauf que le carrelage n’est pas encore posé). Mon rôle, on ne peut plus épuisant, se bornera, outre à continuer mon métier et  hormis quelques week-end prolongés passés dans le midi, quand ce sera possible, à faire les allers et retours jusqu’à Ambérieu en Bugey pour aller le conduire ou le rechercher à la gare. Ce soir, c’est au soleil couchant que je prends la route. La luminosité est si agréable que je prends le temps de m’arrêter pour contempler tout d’abord le lac de Sylans, immobile dans sa cluse, puis le coucher de notre astre céleste sur le lac de Nantua.

         Ambérieu n’est pas une ville bien intéressante. A part un petit centre ville plus ancien, le reste est dilué dans des quartiers déserts le soir et qui ne m’inspirent aucune émotion. Quelques bars et c’est tout. Le trafic ferroviaire est assez important, c’est un nœud vers diverses destinations dont Genève. Pourtant, elle s’est munie de plusieurs ronds-points décorés que j’ai déjà en général photographiés auparavant ; sauf celui-ci, au clocheton éclairé et qui a un peu d’allure.

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Du 30 mars au 5 avril (2ème partie)

Samedi

         Le bruit, la foule, les exaltés. Ces trois mots caractérisent ma journée de samedi. Pour qui est habitué au silence de l’espace, à la nature toute simple sans artifice aucun, aller à la ville est presque une contrainte mêlée de tentations diverses : regarder des vêtements, jolies petites robes toutes plus chères les unes que les autres et qu’on n’ose même pas essayer de peur de craquer ; mais il faut bien trouver de quoi s’habiller pour ce mariage prévu le samedi de Pâques. Finalement je trouve : peut-être pas la perle mais suffisante pour mon budget. Puis, deux ou trois autres petites choses à prix très modérés complèteront la tenue.

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         Se promener dans un parc devrait me réjouir, mais pas tant que ça, même si les cèdres s’élèvent, majestueux et que le lac cancane de ses canards et de ses oies, il y a les autres : les vélos innombrables, qui sonnaillent, les rollers qui résonnent, graves et mats, les ballons qu’il faut éviter… Et la chienne qu’on doit tenir en laisse mais qui tire dans tous les sens car elle est morte de trouille. Elle et moi, on se ressemble, on n’aime pas trop les villes, on s’y ennuie. Et puis, il y a aussi ce papa qui demande si son petit enfant peut caresser cette chienne qu’il trouve belle et celle-ci qui se laisse faire. Elle aura tout de même eu des petites douceurs dans la journée.

         Dans la soirée, après un dîner rapidement pris et pas bien bon (il faut dire qu’à 7 heures du soir, c’est pas une heure pour manger au restaurant, on va à l’auditorium où a lieu la « nuit de l’Espagne ». Nous voulons voir principalement la »Buika », chanteuse espagnole d’origine équato-guinéenne, née à Palma des Majorque en 1972. Très belle voix rauque, presque voilée mais si puissante par moment qu’on la sent presque au creux du ventre. Ses musiques originales sont un mélange de flamenco, de tango et de jazz rehaussé par le piano (excellent pianiste) et un percussionniste qui frappe en cadence sur son cajon andalou, sorte de baffle en bois tout simple. Après l’entracte, entre en scène un orchestre composé de quelques guitares, de drums et d’instruments électroniques, accompagnés d’une chanteuse : Ojos de Brujo. Beau spectacle, sans doute. La foule vibre, rentre en transe et se met à danser dans les gradins, au rythme d’une sorte de reggae, mâtiné de funk et de dub et de hip hop (ce n’est pas moi qui le dit, je ne suis pas si savante, c’est le prospectus). Mais nos oreilles n’y résistent pas et, au bout de trois quart d’heures, nous partons. Trop de basses qui recouvrent une voix qui m’a pourtant semblé bien belle. Mais je n’ai pas envie de devenir sourde…

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Dimanche

         Le bruit du vent dans les oreilles et des petites mésanges qui chantent, saluant un beau début de printemps. Non ! Ce n’est pas en ski que je suis mais en vélo. De 5 kms, je passe à 24. Je rends visite à M. V. qui se plaint qu’un chien, peut-être celui d’un voisin est venu taquiner ses poules. On parle de tout et de rien mais ce qui ressort c’est que plus rien n’est comme avant : il ne connait même pas ses voisins qui sont pourtant installés là depuis le printemps dernier. Chacun maintenant reste chez soi. On ne se rend plus visite. M. V. le déplore !

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         L’après-midi, après une courte sieste, je pars en balade de avec mon cheval dans la forêt d’Izernore.

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D’abord, lieu dit « La Longeon » qui se caractérise par une bâtisse en ruine que j’immortalise tandis que mon cheval s’abreuve au mini abreuvoir du lieu. Tout laisse donc à penser, qu’à cet endroit, dominaient plutôt des prés. Maintenant, la forêt les a remplacés.

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         Un arbre s’est abattu au milieu du chemin et un motard qui se promène en moto cross me dit que je ne pourrai pas passer. C’est mal me connaître. En contournant cet obstacle par la forêt, évidemment au milieu des ronces et en jouant au gymkhana parmi les arbres, je peux continuer ma route. En tout, 2H1/2. J’ai mal au dos, aux fesses et aux genoux…

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