22 février 2009
A partir de quand, et jusqu'à quand ?
A partir de quand un régime peut-il être défini comme policier ?
Depuis quelques années, plus précisément depuis que l’actuel Président de la République s’est emparé du ministère de l’Intérieur (2002), et s’est mis en tête, pour ébahir le bon peuple (« tu vas voir, tous ces feignants de fonctionnaires, je vais les mettre au boulot ») de demander à la flicaille de faire du chiffre, eh bien on a du chiffre. Le nombre de contrôles sur la voie publique a explosé, comme chacun peut le constater chaque jour. Le nombre de procès verbaux, automatiques ou manuels, pour dépassement des vitesses autorisées est passé en cinq ans de 0 à 2,5 millions. Brice Hortefeux a fixé très ouvertement l’an dernier des objectifs chiffrés de reconduite à la frontière sans émouvoir beaucoup l'opinion. Les magistrats aussi sont incités, dans l’intérêt de leur carrière, à sévir plus lourdement. Entre 2000 et 2004, alors que le nombre d’affaires poursuivies et de condamnations prononcées est resté stable autour de 1 million par an, le nombre de personnes emprisonnées est passé de 50 000 à 65 000, s’est stabilisé ensuite aux alentours de 60 000 pour remonter à 66 000 en mars 2008 (pour 50 000 places disponibles). Le nombre annuel de gardes à vue est passé de 250 000 à 570 000 en 2007, probablement plus de 600 000 en 2008. Quasiment un habitant sur cent est mis en garde à vue chaque année en France ; comme il ne s’agit que d’une moyenne et qu’évidemment la fraction « paisible » ou plus précisément peu repérable de la population y échappe – pour le moment – cela veut dire que les groupes suspects (délinquants avérés, mais aussi sans-papiers ou supposés tels, et tout simplement les bronzés, ou les zozos un peu agités) y passent plusieurs fois dans l’année !
Ce nombre de gardes à vue est particulièrement intéressant car il s’agit d’une décision à l’initiative de la police et la gendarmerie, permettant de priver tout citoyen de liberté pendant un à quatre jours sous le seul prétexte qu’il est soupçonné d’être impliqué dans un délit, sans assistance d’avocat (qui a juste le droit de parler à son client une demi-heure au début), sans contrôle d’un juge (le procureur est prévenu, c’est tout). Cette disposition exorbitante a été particulièrement aggravée dans ses modalités depuis 2002, et est de plus en plus utilisée depuis lors. Elle tend à devenir un outil d’intimidation et de brimade. Sa généralisation montre que cette dérive se fait avec l’assentiment tacite ou explicite des autorités.
Dans un registre moins dramatique mais plus inquiétant encore, la mise sous surveillance de la population s’étend chaque année un peu plus. Ce ne sont pas seulement les fichiers de police, type Edvige. C’est aussi l’avalanche des punitions de tous ordres pour ceux qui ne pensent pas bien. Interdit de rouler, de fumer et de boire. Les contrevenants sont mis à l’amende, les récalcitrants stigmatisés. Cela va contre tous les principes de la responsabilité individuelle, mais l’idée qu’une élite supposée peut à bon droit et doit mener le peuple vers la voie droite à coup de lois, règlements et sanctions, progresse sans cesse.
Jusqu’à quand ?
En mars 2007, déjà
C'était le même sujet, rien de nouveau sous le soleil, c'est même pire aujourd'hui....
Carnaval :
On aime, depuis quelques années, mettre en valeur ou ressusciter les vieux carnavals. Mais il ne s’agit que d’une passion feinte, quasiment muséographique. Mis à part les participants directs à certaines de ces manifestations pour qui c’est l’occasion de faire une bringue de plus dans l’année, personne ne comprend plus rien aux vertus carnavalesques.
Le carnaval était l’occasion d’une inversion des valeurs et des priorités, donc le moment où l’on pouvait rendre au scepticisme l’hommage qu’il méritait. Les fous et les animaux entraient dans les églises ; un prêtre déguisé en âne y célébrait une messe burlesque. Une multitude travestie et méconnaissable s’affranchissait de toutes les règles habituelles de la civilité. Les autorités étaient couvertes de quolibets en toute impunité. Puis tout rentrait dans l’ordre.
Aujourd’hui il n’est plus question de se laisser aller à ces extrémités. Il est vrai qu’on a les Guignols de l’Info, toute l’année durant. Justement, c’est toute l’année durant, donc ce n’est plus une transgression, c’est une addiction. Quelque chose comme serait l’alcoolisme à la place de l’ivresse.
Et mis à part se moquer des politiques (c’est permis car ça doit arranger certaines choses quelque part) on n’a plus le droit de rien faire. Une cléricature de la science et du journalisme a patiemment dressé l’inventaire de ce qui est normal, c'est-à-dire dans les normes et les moyennes. Tout ce qui n’est pas compris entre les bornes de ce segment du possible, en fait la plupart des événements quotidiens, est source d’étonnement, d’inquiétude, d’indignation, de mobilisation, de concertation, et de cellules d’assistance psychologique. Ainsi en est-il du vent, toujours violent, de l’accident, forcément scandaleux, de la chaleur, bien sûr caniculaire, de l’absence de pluie qui sitôt qu’elle dépasse quinze jours fait crier à la sécheresse, des hivers en général qui sont régulièrement les plus doux depuis parfois dix ans et parfois cent, des étés aussi – bref la nature n’est pas normale. La nature se refuse à jouer à notre jeu avec nos règles ; et c’est vraiment vexant pour des gens comme nous qui avions décidé de « sauver la planète ».
Le normal n’étant défini que comme ce que nous avions décidé de trouver normal, plus rien ne va. Tout doit être surveillé, encadré, régulé, jugulé ou au moins déploré. Pas normal d’être un peu gros, malade, pauvre, riche, fumeur, oisif, stressé et j’en passe. Il faut inlassablement tout remettre à sa place, et quelque chose dans cette insistance à vouloir à toute force nous faire entrer, nous les hommes et aussi le Cosmos, dans le grand dessein du Cercle de la Raison, ressemble un peu aux bonnes vieilles tyrannies d’antan, avec en plus l’angoisse de ne pas savoir comment en sortir. Car, comment faire comprendre et admettre que la vérité est toujours dans l’excès ?
Du 16 au 22 février 2009
Lundi
Retour vers la neige avec au passage des paysages de plateaux calcaires assez particuliers vers la Sainte Victoire. Un vrai cours de géologie.
Les petits scandent en cadence, très impatients de la trouver « La neige, la neige, la neige… ». Dès qu’ils en voient des traces ils nous appellent et sont bien excités. En arrivant à la maison, ils surnomment celle-ci : « La Cabane », ce qui, après tout, ne lui va pas si mal…
Mardi
Nous attendons le Père Noël : c’est normal, il y a de la neige. Ça fait partie de l’histoire, enfin, c’est ce que croit Elias et il est difficile de l’en dissuader.
Malheureusement elle tombe cette foutue neige, sans discontinuer et j’ai bien peur que les petits ne soient un peu déçus.
Les deux bonshommes de neige sont bien beaux. La neige un peu mouillée s’y prête bien. Une carotte pour le nez et le tour est joué sauf que… Elias a très froid aux pieds, ce qui ne le fait pas rire du tout.
Mais quand même, quand au hasard d’une promenade, on rencontre une vraie madame des neiges avec deux jolis seins et des bras câlins, on se précipite dans ses bras en criant : « Maman, Maman » ! (J’en connais une qui va être contente !!!)
Et pour finir la journée, une promenade de nuit de 5 kms dans la forêt où je n’ai pas rencontré le loup garou, seulement quelques traces à demi comblées de bêtes, qui se sont enfoncées dans les tréfonds des profondeurs des fourrés. Par contre marcher dans trente centimètres de neige, c’est presque un exploit et je suis revenue bien fatiguée.
Jeudi
« Mamée, elle est encore là la neige » ? Question rituelle tous les matins et grande angoisse. Il faut bien sûr vérifier par la petite fenêtre et ainsi se rassurer avec la promesse d’une belle après-midi de luge, après la sieste.
J’aurais bien voulu leur offrir une randonnée à chiens de traîneaux mais malheureusement tout est pris jusqu’au 15 mars me dit la dame moyennement aimable (il faut dire que ça me met de très mauvaise humeur et ça doit se voir). Alors, on ne fera que regarder et mes sous resteront dans ma poche (c’est d’ailleurs une sacrée économie car ils ne s’embêtent pas sur les prix). Si seulement j’avais eu un petit traîneau, j’aurais essayé avec ma chienne sur quelques centaines de mètres.
Et puis la promesse de continuer le château de neige avec leur grand-père vendredi les réjouit déjà.
Vendredi
Le plaisir à ski dépend, non seulement de la météo, mais aussi et pour une très grande part, du paraffinage dont la glisse dépend. Il n’y a pas pire que de « ramer » sur une neige trop froide ou trop « chaude ». Tout dépend de ce qu’on a mis dessous. A chaque type de neige, une couleur de paraffine. Aujourd’hui, j’ai choisi du dibloc rose (-4,-10) pour mes skis car j’irai skier ce soir à la nuit tombée et il fera sûrement environ -7, et du Toko jaune (0,-4) pour E qui skiera de jour quand il le pourra. Entretenir ses skis est une opération délicate il faut une forme pour fixer les skis (la mienne est très rudimentaire, en bois), un fer pour étaler la paraffine, un racloir pour la racler quand elle a refroidi et diverses brosses pour faire reluire tout ça. Le but est d’imprégner la semelle, sans surplus de produit. J’oubliais la structureuse pour, comme son nom l’indique, rainurer le ski dans sa longueur. Ainsi la neige glisse sous le ski et n’adhère pas. On évite donc le phénomène de scotch.
Le temps très ensoleillé d’aujourd’hui invite à ce travail et c’est avec un certain plaisir que je m’y mets. D’ailleurs, si je ne le faisais pas, personne ne le ferait à ma place.
Les remparts du château sont terminés. Les kilos de neige transportés restent dans les reins mais mes petits enfants sont contents et c’est le principal. Pour le toit, on verra plus tard ou… Jamais.
Samedi
Un petit avant-goût de printemps, aujourd’hui en Isère. S’asseoir dans des chaises longues et regarder les enfants jouer au toboggan.
15 février 2009
Du 9 au 15 février 2009 (1ère partie)
Lundi
Il y a des jours où rien ne va vraiment comme on veut, sans que cela ne soit quand même trop grave.
Je consacre ce lundi matin, réservé au ski avec ma chienne, pour faire ce que les sportifs appellent « ma récup ». Terme qui signifie, contrairement aux apparences, qu’on ne reste pas chez soi au lit après un effort physique, mais qu’au contraire, on va skier tranquillement pour récupérer et ainsi éviter les courbatures. En principe la récup se fait juste après une course et aussi le lendemain. Me voilà donc partie et je me gare, comme d’habitude, à l’entrée d’une toute petite route qui mène au « Golet Sapin ». Mal m’en a pris, elle est en pente et ma voiture s’enfonce, à droite, dans la neige trop fraîche. Comme je ne suis pas douée en marche arrière, la voiture se met en travers et je coince aussi ma roue arrière gauche, en voulant me dégager. Je ne peux plus ni avancer, ni reculer. Cette route est déserte, une voiture tous les quarts d’heure en moyenne, voire plus. Je n’ai plus qu’une solution, chausser mes skis, atteler ma chienne et aller chercher du secours, 4 kilomètres plus loin en empruntant les pistes. Monsieur V est chez lui et il a un petit tracteur, ce genre de tracteur à une place qu’on voyait au milieu du 20ème siècle, le passager se tenant sur le côté en tôle, au dessus des roues. Nous voilà donc partis sur l’engin avec pioche, filin…, sautillant sur ce char peu confortable, priant le ciel qu’un cahot ne me jette pas par-dessus bord, transie de froid par -3° car peu couverte. Manque de bol, le « rouge » gèle et avant d’être en panne, il nous faut faire demi-tour après un passage chez un autre voisin qui laisse les vaches qu’il soignait pour venir m’aider !!! Un peu de sable sous les roues, quelques usagers de la route que je connais, un peu moqueurs à mon égard et qui finalement ont eu la bonne idée de passer par là pour pousser, et le tour est joué.
C’est là qu’on s’aperçoit qu’être connu dans le quartier peut se révéler parfois bien utile.
Ça ne fait rien, le paysage est si beau qu’on passe assez facilement sur ce genre de détail. Les arbres sont d’argent et le côté éphémère rend le spectacle encore plus précieux.
Jeudi
« Ben! on a eu chaud ! Les gars ont sauté du camion et moi, j’ai ouvert la porte pour sauter aussi, si i s’arrêtait pas ! ». Le monsieur qui me parle est le chauffeur du camion benne des ordures ménagères. Ils ont eu, en effet, beaucoup de chances de ne pas tomber en contrebas de la petite route de l’ancienne colonie, celle qui sous la neige qui tombe sans cesse depuis le milieu de la nuit est complètement gelée. Moi-même, pourtant habillée de crampons sous mes chaussures de montagne, j’ai dérapé et ne pouvais plus m’arrêter. Alors que dire d’un camion pourtant muni de pneus spéciaux, dans cette petite descente bien traître !
La route pour aller travailler est périlleuse et certains ne dépassent pas le 20 à l’heure !!! l’ex nationale n’est guère mieux !
Premier jour de congé pour moi. Le temps est beau mais froid. Il fait -8° quand j’arrive à Lachat avec ma chienne et à part cette photo, mon appareil refuse obstinément de travailler « batterie faible ». La neige est assez molle, pas encore suffisamment tassée malgré le travail méticuleux du chef des pistes.
Une douzaine de kilomètres en tout et une chienne qui, à la fin, se traîne, montrant une petite boiterie. Pour elle ce sera le repos les jours prochains. Il faut dire que, lors d’une promenade à pied la veille, elle a levé un chevreuil et s’est sauvé ¼ d’heure, revenant épuisée vers son maître qui l’a patiemment attendue.
En revenant chez moi, je vois le boulanger qui enjambe la clôture de Monsieur B. Il va déposer son pain, comme il le fait deux fois par semaine, plongeant dans la neige fraîche jusqu’aux genoux. Il n’y a pas de chemins tracés chez M. B. Cet homme, dont on ne connaît plus très bien l’âge mais on dira environ 95 ans, vit reclus dans sa maison depuis des années. Il se fait livrer par l’épicerie du coin tout ce qui lui est nécessaire, en suivant le même processus que notre boulanger: on dépose derrière un des volets clos les paquets et on prend l’argent dans la petite boîte au même endroit. Aucune communication possible avec M. B. A-t-il fait vœux de clôture comme ces moines qu’on ne voit jamais que parfois derrière des grilles ? Et bien, non ! Monsieur B. a tout simplement peur des microbes. Il a rompu toute relation avec l’espèce humaine et vit entièrement dans sa maison aux volets fermés sauf une qu’on ne distingue pas de la rue. Les rares personnes ayant pu l’approcher ces derniers temps témoignent tous de l’odeur pestilentielle qui se dégage de notre homme. Dernièrement, il est tombé en panne de chauffage, il avait mis une couverture sur le convecteur. Il a tout de même téléphoné (pas de risques de germe) au cantonnier qui a prévenu le maire. Celui-ci a cherché à lui téléphoner sans aucune réponse. Inquiet il a prévenu la gendarmerie qui est venue avec les pompiers au cas où… et ils ont forcé une porte qui restait toujours désespérément close devant les coups frappés vigoureusement et qui auraient pourtant réveillé un mort. M.B., tout à fait en forme, a été outré de cette intrusion chez lui et a menacé de porter plainte. Mais que fait cet homme de ses journées, seul, reclus dans son antre ? Et bien il peint. Et oui c’est un artiste qui fait, paraît-il de très belles choses… Mais qui n’aime pas l’humanité. Un jour, sans doute, son pain restera-t-il derrière le volet, attendant vainement d’être mangé par le vieil homme édenté et on découvrira alors que M. B ; n’est plus.
Comme on dit, demain sera un autre jour et un autre climat. Nous partirons pour le week-end à Hyères, nous verrons ainsi l’avancée des travaux de notre maison et ramènerons lundi nos deux petits fils pour qu’ils puissent, eux aussi, profiter des joies de l’hiver.
Du 9 au 15 février 2009 (2ème partie)
Samedi
Il fait -7° quand nous partons ce matin, via les Plans d’Hotonnes, charmante petite station de ski de descente, on ne peut plus familiale : 13 pistes assez faciles et peu pentues mais très agréables et conviviales. C’est là que mes enfants ont appris les rudiments et bien qu’ils aient tous opté pour le ski de fond, moins onéreux il est vrai, ils n’en gardent que de bons souvenirs.
Ci-dessous une vue de la Chèvre.
Hyères nous offre le spectacle de ses mimosas en fleurs et de ses orangers éclatant de leurs fruits. Je suis toujours étonnée que personne ne les ramasse. Peut-être sont-ce des variétés peu comestibles ? Il fait 9° à notre arrivée, pourtant c’est une impression de froid que nous ressentons : le mistral souffle et l’hiver, d’une autre espèce que celui dont nous sommes coutumier, est bien là. Le soir pourtant, le vent tombé, il fait plus doux et je me promène, pour sortir la chienne, vers le château toujours illuminé.
Dimanche
Six-Fours les plages sous le soleil. Malheureusement envahi par les promeneurs du dimanche. Pour qui rêve de grands espaces, c’est parfait, il y a toute la mer mais pour la solitude, c’est râpé.
08 février 2009
Du 2 au 8 février 2009 (1ère partie)
Lundi
C’est tout juste si elle ne cherche pas à s’habiller toute seule, je parle du harnais et de ma chienne, bien sûr. C’est son jour de sortie avec moi à ski et elle n’est pas la dernière à s’activer. Le seul fait de me voir avec mes vêtements suffisent à l’exciter. Direction Lachat où je photographie cette ancienne grange-habitation au toit typique de la région. Ils sont le plus souvent à deux pentes, en tôle, comme celui-ci. La grange à foin recouvrait l’habitation elle-même et la protégeait ainsi du froid.
Mercredi
Ce soir, je suis invitée et je suis très contente : je sais que je vais manger « bio » et même plus que bio peut-être ! Quelle chance. Je gagnerai au moins vingt secondes de vie, rien à voir avec les indulgences dans les églises où si j’embrasse le pied de St Machin, j’obtiens plus vite le paradis. La, il s’agit de vie terrestre.
Vendredi
Plat, on ne peut plus plat pour ces jours gris. Boulot, tricot, télé (quand il y a quelque chose, ce qui est rare), dodo. La pluie, mêlée de flocons stupides a succédé à la neige flottarde et je suis un peu inquiète pour les vacances de février car j’ai invité mes petits fils à venir faire de la luge et autres sports de neige. Malgré tout, « ça mélin….ge », comme on dit ici.
Ce matin, le bief à l’ours avait débordé sur la route, signe de ce redoux violent. Ne parlons même plus des pierres qui déboulent, dangereuses, peut-être un jour seront-elles meurtrières. On parle de fermer cette route au profit d’une autre en rénovation et moins dangereuse. A Nantua, à la mairie, les drapeaux sont presque en berne, lourds et immobiles sous la pluie, dégoulinants d’eau. A mon bureau, la fenêtre dépolie m’empêche de voir cette misère météorologique. Pour une fois, je ne vais pas m’en plaindre.
Un objectif tout de même dans cette monotonie : participer à la transjurassienne dimanche. Rassurez-vous, pas les 76 Kms, ni les 54, simplement les 30.
Samedi
Un des travaux qu’il me faut faire quand il neige et que celle-ci est lourde et collante, c’est nettoyer les fils de la clôture électrique du jardin. C’est donc ce que j’entreprends mais mon œil est attiré par tous ces sapins miniatures de repousse qui sont comme des champignons de neige un peu envahissants. C’est la « future génération » de la forêt.
Une journée bien neigeuse : ça n’a pas arrêté une seconde et il nous a fallu quand même aller, cet après-midi, jusqu’à Morez dans le Jura pour retirer nos dossards du lendemain. Au passage, nous devons laisser une voiture à Bois d’Amont, lieu d’arrivée de la course dont le départ est à Lamoura. Les 76 kilomètres (ceux qui les font, bien sûr) tireront leurs peine jusqu’à Mouthe (paraît-il le lieu le plus froid de France). Les routes que nous empruntons sont difficiles et déconseillées aux néophytes, non munis de pneus spéciaux. De la neige, il y en a tant, que nous circulons entre des murs blancs. Certaines maisons non habitées sont presque enfouies, car la neige de leur toit a glissé jusqu’au sol. Au passage, nous admirons ces tavaillons, petites plaques de bois, qui recouvrent les murs exposés à l’humidité. Souvent un peu plus loin de curieuses petites bâtisses sont érigées. C’est là, me dit E que les habitants conservaient les biens familiaux, papiers ou bijoux. Ainsi, en cas d’incendie, tout n’était pas perdu. Les vacances de la première zone ont commencé et il y a beaucoup de monde aux Rousses. E connaît bien cette région, il y a travaillé 9 ans et les routes quelles qu’elles soient, n’ont plus de secrets pour lui. Il y a vu tous les climats et même a failli périr sous une coulée de neige. Dangereux, la vie en montagne !
Ci-dessus, maison à Chézery-Forens, dominant la rivière La Valserine
Travail d’une dameuse malgré la neige tombante, ce qui ne sert évidemment pas à grand-chose.
Ci-dessous, église des Rousses dont l’un des pans du toit entraîne les eaux vers le Rhin et l’autre vers le Rhône.
Du 2 au 8 février 2009 (2ème partie)
Dimanche
Pour vous mettre dans l'ambiance
Ça démarre dur : lever à 05H15, départ à 06H15. Il a du neiger toute la nuit et ça continue. Le froid est plus vif et les routes enneigées ne nous permettent pas la vitesse. Je dois dire cependant que la DDE a fait son boulot et le Haut Jura est dégagé. Il est difficile de trouver une place, 3317 partants de toutes nationalités, ça fait du monde à garer et la gendarmerie ne ménage pas sa peine pour faire obéir tout ce petit monde. Nous arrivons donc juste quelques minutes avant le départ, celui-ci toujours émotionnant. Cette fois, pas d’hélicoptère, juste nos jambes qui s’activent dans cette neige brassée et si dure à skier qu’on a vite mal aux muscles. 30 Kms, c’est long et il nous faut environ trois heures pour les parcourir. L’ambiance est chaude et les traversées des villages, parfois au centre ville comme aux Rousses, se fait dans le tintamarre des cloches à vaches et des encouragements. Les 20 premières bornes sont supportables malgré quelques bonnes côtes mais les 10 derniers kilomètres pèsent lourdement dans les hanches qui me font mal.
Quand je pense que le plus vieil inscrit sur les 76 Kms a 78 ans. Nous avons donc quitté la course à Bois d’Amont, juste avant « Le Risoux », terrible côte, célèbre par sa longueur à ce moment de la course où il reste encore 46 Kms sur 76 à faire. Beaucoup succombent à ce passage. Nous n’avons rien gagné, évidemment pas de podium, pas de médaille, juste un bonnet, comme tout le monde. J’ai le droit par contre, à un bon repas à Morez, ce qui me permet de découvrir la maison d’une personnalité du pays dont le heurtoir représente une main en argent…
Retour par des endroits perdus dont « Les Molunes » où les seuls habitants ne semblent être que ces sapins croulant de neige sur la colline.
01 février 2009
Erratum
Le système ayant refusé une modification, je suis contrainte d'écrire cette note:
Pour l'altitude du crêt du Nu, il faut lire 1350 mètres et non 1500 mètres.
Du 26 janvier au 1er février 2009
Lundi
Je m’attendais à la neige ce matin mais non, il fait juste gris avec -1°. J’en profite donc pour aller sur le plateau, aux Solives, avec ma chienne faire un tour à skis : strictement interdit sur les pistes, les chiens, même en ski-joëring !!! Tant pis, je prends le gauche, j’ai l’habitude et je nettoie toujours ses oublis. Deux jours de suite à me tirer, c’est un peu beaucoup et elle le fait très mollement dans la deuxième partie de la piste.
Mardi
On le rencontrait, il n’y a pas si longtemps encore dans sa vieille R5 blanche, la même copie conforme que toutes celles des « Pépés du coin » (rappelez-vous les PPDC). Il conduisait doucement, n’allait pas plus loin que Nantua : il n’y voyait plus très bien, le pauvre. Parfois, quand je passais à cheval devant chez lui, il me hélait, me posant une question à laquelle je répondais un peu au hasard, ne comprenant pas très bien ce que me disait sa vieille bouche édentée. Sa maison, au coin de la route, n’avait jamais été rénovée et on n’avait pas besoin de pénétrer chez lui pour deviner dans quel état était son intérieur.
Il s’était voûté depuis quelques temps mais on le voyait encore l’été dernier faire son bois, vital pour lui. C’était son unique moyen de chauffage ou presque. Il possédait quelques poules, parfois mangées par le renard et une bonne dizaine de chats qui se reproduisaient et augmentaient en nombre, quand ils ne se faisaient pas écraser. Il avait des voisins, trois ou quatre maisons non loin, mais n’avait pour famille qu’une lointaine nièce qui ne s’occupait guère de lui. Comment mangeait-il ? Je l’ignore, mais il arrivait apparemment à se débrouiller. Pendant quelques temps, il a même eu une aide familiale puis peut-être plus rien, je ne sais pas, ou… Si peu ! Plus assez de crédit pour faire monter quelqu’un dans la montagne, aux Granges, à trois kilomètres du village principal. De plus, il fallait certainement beaucoup de courage pour tenter d’entretenir son intérieur.
La semaine dernière, on a enterré Monsieur O. C’est le cantonnier du village, un de ses voisins, qui, s’étonnant de ne plus voir de lumière depuis quelques temps est entré : il était mort, allongé sur son lit et…….. Congelé !!! On peut tout imaginer sur sa mort. Mais maintenant, à chaque fois que je verrai à la télévision, des émissions sur les travailleurs sociaux qui parcourent villes et campagnes pour s’assurer que la canicule ou le froid n’altèrent pas la santé de nos chers petits vieux, je penserai à lui, l’oublié de la charité.
Mercredi
Riquet (c’est son surnom) a 80 ans passés. Il a fait le week-end dernier une course de ski de fond : « la boucle du Haut Bugey » et a réalisé 15 kilomètres sans être le moins du monde ridicule. Il a d’ailleurs terminé 35ème (sur combien ? Je ne sais pas. Peut-être sur 35, mais peu importe). Riquet a de la chance, il a la santé et paraît nettement plus jeune que son âge. Il a toujours fait cette course depuis qu’elle existe, et n’en a manqué, je crois, aucune. Très belle course que cette GTHB, commencée dans les années 70. Elle partait d’un village nommé Le poizat à 950 mètres d’altitude pour arriver à Hauteville Lompnes (prononcer Lône) à 850 mètres. On avait le choix entre 30 ou 50 kilomètres. C’était un parcours assez difficile avec des côtes longues, surtout pour les 50 bornes qui devaient monter au « crêt du Nu », à plus de 1500 mètres d’altitude. E et moi l’avons faite plusieurs fois (les 30, bien sûr) et parfois sur des sites de repli à cause du manque de neige. Elle a d’ailleurs souvent été annulée, ce qui a empêché cette jolie épreuve de rentrer dans les courses mythiques que sont la « Foulée Blanche » et la « Transjurassienne » qui ont, elles des moyens financiers importants. Ces dernières années, la physionomie de la GTHB a changé : elle est donc devenue BHB (boucle du Haut Bugey). Ceci a permis d’en réduire le coût et permet aussi une plus grande souplesse du tracé par manque de neige. Longue vie à ce genre de manifestation !
Pour moi, ce soir, ce sera une sortie nocturne à ski avec ma lampe frontale. Froid garantie ; il fait -7°.
Jeudi
Malgré la grève assez active des enseignants, mes petits patients défilent comme d’habitude.
Amélie est une petite fille adorable que je connais depuis longtemps. Aujourd’hui, on travaille les sons « ain, ein, oin et aine, eine, oine. Systématiquement pour lire « oine », elle me dit oëne. Je lui montre donc les mots « Noël » et « Joël » ainsi que « troène ». Très inspirée par l’analogie elle me répond :
« Ah ! Oui ! C’est comme l’oël de Marseille (sous-entendez : l’OL de Lyon, autrement dit « l’Olympique Lyonnais »). Amélie ne manque pas d’humour !!! Encore heureux que je ne lui ai pas parlé de la « poêle ». Au fait, ça s’écrit « poële » ou « poêle » ?
Samedi
Renseignements pris et sous toute réserve (si vous en savez plus, contactez-moi), « poêle » serait l’orthographe du poêle à chauffer et « poële » serait l’ancienne orthographe (celle de mon enfance) de la poële à frire. Mais maintenant cette orthographe a été abandonnée au profit de poêle. Ne pas confondre, bien sûr, avec « avoir un « poil » dans la main »
Il ne fait que -2° ce matin à Nantua et pourtant on ressent un froid de canard, un petit vent d’est glace l’atmosphère ambiante.
A propos de canard, ils nagent sur le lac en compagnie des cygnes et des foulques, toujours à l’affut de bouts de pain jetés par les petits enfants que les grands parents emmènent rituellement pour les occuper.
Après-midi assez habituelle maintenant qui me permet de vous offrir une photo avec pour toile de fond un bout du Mont Blanc qu'on devine derrière les frondaisons.
Dimanche
Changement d’atmosphère avec l’arrivée de la neige, peu abondante il est vrai mais notre promenade vespérale prend des allures de plaine russe dans la brume.
Ce matin, c’est à cheval que je suis sortie : dangereux, d’une part car une petite couche très fine de neige a rendu la route glissante et d’autre part parce que le moindre galop prend des allures de rodéo. Les chevaux à cette époque de l’année commencent à trouver le temps long, ils ne peuvent galoper en raison d’un terrain durci par le gel et le besoin de se défouler se fait plus pressant. A bon entendeur salut : protection maximum avec casque et protège dos.










































