Un certain chêne vert

Cheminement au jour le jour d'une vie banale

25 janvier 2009

Du 19 au 25 janvier 2009

Lundi

         Un peu fatiguée tout de même et pas trop courageuse pour reprendre le travail de la semaine. Ce matin, il pleut, donc ça sera le ménage, la maison en a bien besoin.

         Nos résultats sportifs sont à la hauteur de ce qu’on attendait : à savoir un peu plus de la moitié. C’est honorable. Malheureusement, on ne connaît que les résultats au scratch et non par catégories d’âge. Dommage !

Mardi

         Cette nuit il a plu très fort ; les grosses gouttes tombaient sur la tôle du toit accompagnant notre sommeil une partie de la nuit. Puis d’un coup, plus rien, le silence : la neige a remplacé la pluie. Certes, une neige lourde, de celle qui se colle sur les arbres et font pencher les branches jusqu’à terre, cassant les plus faibles. Le matin, au réveil, c’est toujours un peu le spectacle : la neige fraîche et vierge qui recouvre tout, ajoutant un chapeau blanc au toit des voitures. Il me faudra bien prendre cinq minutes de plus qu’à l’accoutumée pour me rendre au travail…

         L’après-midi est calme, trop calme, la gastro sévit et mes petits patients tombent comme des mouches. Je ne verrai personne de 2H à 5H. Je pourrais profiter de ce temps pour mettre à jour des dossiers mais, j’ai la flemme et, une fois n’est pas coutume, je pars pour une rando de deux heures, juste le temps de monter aux Fècles qui dominent la cluse de Nantua et son lac à une altitude d’environ 800 mètres , ce qui me fait un dénivelé de 500 mètres à peu près.

         Je m’extirpe tout d’abord de l’ennuyeuse plaine de Montréal la Cluse, par un petit chemin qui monte raide au milieu des fayards, des hauts sapins et des buis.

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Très vite on trouve un peu de  neige et je pense fort, qu’au retour il faudra faire attention à ne pas glisser sur les pierres sous-jacentes.

J’ai l’espoir de voir un des petit chamois, familiers de ces lieux, de ceux qui descendent jusqu’au lac au mépris des voitures. Mais non, ils restent cachés à mes yeux et je suis seule. Même les bûcherons ont abandonné leur travail, signalant quand même une chute possible d’un tronc entamé par la tronçonneuse. On se demande vraiment pourquoi ils n’ont pas achevé leur boulot.

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Le chemin devient intime et, en haut, il n’y a plus que des buis qui forment un toit de verdure au dessus de ma tête laissant échapper des gouttes, conséquence de la chute de neige de la nuit.

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Enfin c’est le spectacle vertigineux et toujours un peu inquiétant pour moi qui ai particulièrement peur du vide. Je m’approche quand même du bord pour jouir de la vue et prendre quelques photos du lac et de la cluse.

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Jeudi

« Panique sur la ville »

Mon quotidien est fait de petits ou grands patients qui défilent dans mon cabinet, chacun chargé d’un fardeau de problèmes de voix, langage, lecture, écriture… Mais quand ces visites sont entachées de la crainte sourde d’une agression, là, on se dit que… pourquoi pas moi ?

Panique sur la ville : il y a quelques semaines, une femme, enceinte de 5 mois, s’est fait égorger dans son magasin (mi agence postale, mi services divers dont la SNCF). Images horribles qui traînent dans la tête, surtout quand le meurtrier reste introuvable. Criminel fou ? Vengeance méconnue ? Nul ne sait. Quelques jours plus tard, un commerçant s’est fait rançonner pour quelques centaines d’euros Cette nuit, à deux pas de mon bureau, la fenêtre d’une agence intérim a été fracturée, L’agresseur a laissé plein de sang sur les morceaux de verres qui jonchent le sol et on peut le suivre à la trace, passant devant mon cabinet, s’y arrêtant sans doute puis allant jusqu’à la route où là il disparaît.

Ces faits divers me valent la visite de Caroline, secrétaire médicale du dentiste voisin qui me dit qu’elle a peur et qu’il faut s’enfermer.

Faudra-t-il un jour demander patte blanche à chacun de nos clients ? Leur faire décliner leur identité avant de leur ouvrir la porte par un système automatique ? J’espère bien que non !

Samedi

         Un mois de gel puis c’est le dégel et alors… danger. Je vous l’avais dit, je risque ma peau chaque jour que Dieu fait. Quelques minutes avant mon passage, voilà ce qui s’est détaché de la falaise pour tomber sur la route.

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Dimanche

         Ici, nous n’avons pas eu de tempête, juste une simple perturbation de neige. Celle-ci a recouvert les misères de la pluie précédente et promet une belle journée de ski sous un soleil temporairement présent ainsi que de belles photos.

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Même les pylônes de fer de la ligne à haute tension des Granges de P ont de la prestance dans ce paysage de montagne blanc.

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Je souhaite à tous mes lecteurs du sud-ouest de retrouver calme et sérénité, dans une douce ambiance océane.

         

      

« Attendez-vous à savoir… » Comme disait la Geneviève Tabouis de mon enfance. Il paraît que d’ici quelques temps une planète plus grosse que Jupiter passera entre celle-ci et Mars et entraînera des perturbations météorologiques intenses dignes du « déluge » de Noé. Cette planète ne passe que tous les 18000 ans environ et on nous en cache l’existence pour ne pas nous affoler mais elle sera visible dans le ciel d'ici un an et là, on ne pourra plus nous raconter d'histoires. C’est « Le Manchot » du Grand Abergement qui l’a dit et… Sachez que le Manchot, mi magnétiseur, mi sorcier a le bras long (hi, hi, hi !). Et alors, les ouragans actuelles pourront aller se rhabiller, ils feront figure de petits « grains » et on dira… Du temps des petites tempêtes de notre enfance… Si tant est qu’on puisse encore en parler. Peut-être qu’un nouveau Noé fera une sélection pour savoir qui aura le droit de monter sur son bateau.

         Un jour, avant cette « fin du monde », je vous raconterai l’histoire du Manchot.

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23 janvier 2009

Billet d'Edmond : Obama ah ah !

Olivier Duhamel, Obamalâtre après avoir été Ségolâtre, citait ce matin divers exemples encourageants du changement radical d'ère et de perspectives qu'aménerait la toute fraîche venue au pouvoir d'Obama.

A savoir les décisions suivantes : mettre fin au fonctionnement de diverses commissions de justice militaire, fermer la prison de Guantanamo d'ici un an (le temps de trouver des pays d'accueil pour les prisonniers), téléphoner à Mahmoud Abbas, Ehoud Olmert, au roi de Jordanie et au Président egyptien, nommer Mitchell comme émissaire au Proche-Orient, et sur un plan plus anectodique (concède Olivier Duhamel), travailler en manche de chemises dans le bureau ovale et conserver son téléphone portable Blackburry "pour ne pas se couper du peuple".

Bon.

Nous on veut bien comme écrivait autrefois le Canard Enchaîné, mais pour voir dans tout ceci l'amorce d'un virage politique quelconque il faut avoir la vue singulièrement perçante, et l'optimisme chevillé au corps. La prison de Guantanamo est tout autant illégale qu'un camp hitlérien (moin fréquentée et moins meurtrière, c'est vrai) et sa suppression immédiate, quitte à loger provisoirement ses pensionnaires dans un hotel de Miami, aurait été la seule décision à prendre par un Président résolu à changer de cap. En l'espèce il a plutôt choisi la tangente et d'éviter de traiter le problème au fond. Téléphoner au monde entier sans dire pour quoi faire, c'est possible et même souhaitable dans certains cas; désigner un émissaire (comme le firent les précédents Présidents) pour jouer les messieurs bons offices, c'est également sympathique, sauf que tant qu'on ne sait pas de quoi ces gens là discutent il est bien imprudent de se réjouir comme semble se réjouir Olivier Duhamel. Le fait est que depuis un mois Obama n'a pas même levé un sourcil pour essayer de freiner le massacre à Gaza.

Quant à l'histoire des chemises et du téléphone elle me rappelle Giscard d'Estaing qui entra à l'Elysée à pied et en complet veston en 1974, pour symboliser sa modernité supposée, et en sortit dans la même tenue en 1981, mais sous les sifflets.

Hypothèse : Obama ne serait-il qu'un bon manoeuvrier de campagne électorale, habile à faire croire que, tout en faisant autre chose ?

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18 janvier 2009

Du 12 au 18 janvier (1ère partie

Lundi

         Hier soir, j’étais dans un autre monde : l’empire du froid sous la pleine lune dans une nature sinon complètement sauvage, cependant déserte. Et oui ! J’ai remis ça, la lune était si belle, si pleine. Mais cette fois j’étais à ski. La neige avec une température de -11° était presque collante sous les skis, à la manière du glaçon qu’on sort du congélateur et qui reste scotché au doigt. J’ai suivi la piste, un peu à l’aveugle dans les sapinières mais le plus souvent éclairée par cette lumière douce, à nulle autre comparable, que procure la lune.  Seul désagrément, le mal aux yeux et les joues congelées mais ce n’est rien en comparaison du plaisir de la solitude dans un univers feutré.

         Puis ce matin, toujours avec un froid assez vif, nous partons. Les vitres de la voiture sont constellées de cristaux éphémères qui parsèment le paysage d’étoiles fugaces.

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La chaîne de Belledonne semble nous tendre les bras : elle paraît si proche, sortant de la gangue de brume de la vallée qu’elle domine.

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Les paysages familiers maintenant défilent sous nos yeux, mais dans le Grésivaudan, les arbres sont d’argent, preuve de l’humidité glaçante de la nuit.

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Pour une fois nous prenons quelques minutes pour visiter deux petits villages du Trièves. A St Maurice, une grande cheminée de brique nous interpelle : il s’agit d’une ancienne fonderie d’or. On y fabriquait des lingots (il n’y a pourtant aucune mine d’or dans le coin).

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La Provence nous livre ses sillons enneigés. Phénomène non pas anormal mais tout de même assez rare.

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Il fait 12° quand nous arrivons à Hyères. Et pourtant, curieusement, j’ai froid, allez comprendre !

Mardi

         Il fait 15°, c’est un avant-goût du printemps et les fleurs rencontrées ne démentent pas cette impression. Tout paraît resplendir sous ce soleil de janvier. Les villes du midi ont toujours une luminosité estivale quand il fait beau, même en janvier. Ce soir, nous retournerons en hiver.

                

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Jeudi

         Au creux d’une main d’enfant, un gros cube de chocolat :

- Tiens ! C’est pour toi c’est un « cateau » euh, un « cadeau » euh, un « gâteau ».

Un gâteau et un cadeau à la fois (gâteau et cadeau, le rêve des orthophonistes : que de confusions !!!). Ces moments là sont précieux et ils nous font oublier d’autres petites misères. Choupette qui me l’offre est toute heureuse de me le voir manger avec gourmandise.

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Du 12 au 18 janvier (2ème partie)

Samedi

         Demain, il faudra se faire violence. A moins qu’une tempête ne m’en dissuade, je serai au départ de la Foulée Blanche à Autrans. Aujourd’hui donc dérouillage avec ma chienne qui me tire gentiment dans les plats et descente (malheureusement peu dans les montées). Nous parcourons ainsi une petite dizaine de kilomètres dans ce charmant et sauvage paysage de Lachat. A part quelques traces laissées par des skieurs matinaux, je ne rencontre personne. Au passage, je repère un observatoire de chasseur qui pourrait bien me servir au printemps prochain si je veux, un soir, venir guetter la faune locale en toute quiétude.

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01 18 Journée de la foulée blanche Autrans (Isère) 014

Dimanche

         Voilà, une journée bien accomplie qui a commencé par un incendie de soleil au-dessus de la Chartreuse, annonciateur de l’arrivée d’une perturbation

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pour se terminer par un rond-point où nous attendait le renne du Père Noël à Lans en Vercors.

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         « La Foulée Blanche » est une belle course à plusieurs niveaux de kilomètres : 5, 10, 20 et 42. Il est évident que le dernier reste hors de notre portée, il faut monter jusqu’à Gèves et le dénivelé est trop important. C’est donc les 20 Kms que nous parcourons. Toujours la même émotion du départ quand le coup de feu retentit et que tout le monde s’élance. Et oui, 2500 personnes qui démarrent ça fait du spectacle.

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Au début c’est assez laborieux et s’extirper de la masse est quasi impossible. Une idée fixe alors, ne pas s’empêtrer avec le voisin, ne pas accrocher les bâtons aux skis qui suivent et ne pas tomber car se relever devient presque un défi. Puis la foule s’étire en un long ruban, surveillé par le petit hélicoptère jaune qui nous accompagnera presque tout le temps, passant et repassant au-dessus de nous. Peut-être sommes-nous filmés. J’ai la forme et la course est agréable et lorsque j’arrive, quelques minutes après E, je ne me sens pas vraiment fatiguée. Nous avons eu de la chance avec le temps : juste quelques flocons glacés au départ.

         Evidemment, nous faisons cela en toute dilettante. Les pros, comme Lionel, mon gendre, préparent cette course par un long entraînement puis la veille, c’est la cérémonie minutieuse de la boisson fortifiante qui sera distribuée par des copains le long de la course dans des endroits bien précis où l’hypoglycémie menace. Sans oublier, bien sûr le gâteau spécial qu’il faut prendre trois heures à l’avance à la place du petit déjeuner pour éviter justement cette hypoglycémie fatale à tout sportif.

         Demain, il faudra retourner au boulot et classer cette journée dans les meilleurs souvenirs.

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11 janvier 2009

Du 5 au 11 janvier

Mardi

         Vacances terminées et déjà on se projette aux prochaines, celles du mois de février, si tant est que j’en prenne.

         Par ce grand froid, le rez-de-chaussée de ma maison d’adoption est glacial. A midi, il n’y faisait que 16°. Je ne parle même pas de la consommation d’énergie… Il faudrait, pour bien faire, qu’on vive au premier dans la petite chambre. Là il y fait meilleur. Alors on met des couches et, sur ces couches, des polaires et on pense, le soir, devant la télé, assis sur le canapé et blottis sous la couverture, au feu de cheminée qu’on a perdu.

         J’ai retrouvé mes petits patients. Ils sont si contents de me raconter ce que le Père-Noël a apporté au pied du sapin. J’ai aussi retrouvé mon lave-linge en pleine fonction d’essorage chez M et Mme C. Cette fois, ils avaient du mettre des casseroles en guise de linge. Plus du tout le bruit d’avion mais un bruit encore plus infernal. J’ai de nouveau suggéré, mais un peu plus fermement qu’il serait bien qu’on puisse s’entendre. Ce à quoi M. C. m’a répondu qu’ils avaient aussi besoin de laver leur linge. Sans commentaire.

Mercredi

         Il est tombé un peu de neige hier soir, recouvrant, de quelques centimètres, l’énorme plaque de glace devant la maison. Le thermomètre navigue entre -12 la nuit et -6 le jour. Ce matin, pourtant consciente du danger, j’ai dérapé et me suis retrouvé les quatre fers en l’air. Rien de cassé, c’est l’essentiel, Mais sûrement un beau bleu en perspective. Tout ça pour aller travailler et m’apercevoir que sur les 7 clients de ce matin, 4 sont absents : malades…

Vendredi

         Sans doute le meilleur jour de la semaine avec un week-end à l’horizon. Ce n’est pas le moins chargé et les patients défilent toutes les demi-heures, chacun avec son problème à résoudre. Parmi les enfants de la journée, il y a Roméo, un petit garçon de 5 ans. Il parle très mal. Tout du moins j’ai pu m’en apercevoir quand il conversait avec sa maman. C’est un petit bambin tout timide, le sourire aux lèvres, les yeux attentifs. Les débuts ont été difficiles, il avait du mal à quitter sa mère puis, il s’est apprivoisé mais… ne décroche pas un mot. J’ai tout essayé : la rigolade, les questions ouvertes… Rien n’y fait. Il me regarde en coin, d’un œil coquin et hoche la tête à mes questions. Ça donne ça :

- Bonjour Roméo, mais tu es tout beau… On t’a coupé les cheveux. C’est Maman ou le coiffeur ?

- ……………..

- C’est Maman ?

- (hochement de tête négatif)

Alors c’est le coiffeur ou la coiffeuse !

- (hochement de tête positif).

Voilà, je suis renseigné, c’est l’essentiel. Il veut bien répéter tout ce que je veux, participer aux petits jeux de phonologie mais il ne dit presque rien spontanément. Pourtant… Chez lui, paraît-il, on n’entend que lui…

Samedi

         Temps un peu brumeux au petit matin mais qui s’annonce magnifique avec le désir de skier cet après-midi. Il faut bien s’entraîner, nous devons, en principe, participer aux 20 Kms de la « Foulée Blanche » de dimanche 18.

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En tout, aujourd’hui, nous avons fait une douzaine de kilomètres. Les -2° nous paraissent bien doux sous le soleil et j’ai même un peu trop chaud. La vue du massif du Mont Blanc nous coupe toujours le souffle et je ne peux m’empêcher de vous le présenter même si ce n’est pas la première fois…

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         C’est un soir de pleine lune et il n’y a pas un nuage au ciel.

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La température un peu moins froide m’incite à aller me promener après le dîner. Je choisis Cuvéry, sur le plateau de Retord lieu ouvert, aux bois éparses et aux grands espaces traversés par les pistes de ski. Le but est la ferme de Retord, à 35 minutes à pieds et seule ferme auberge habitée presque en permanence.

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Je regrette mes skis qui auraient été moins bruyants que mes pas crissant sur la neige gelée. Je ne suis pas la seule à avoir eu cette idée et la petite crainte que j’avais au départ disparaît bien vite. Heureusement les bavards se dispersent et je retrouve une solitude agréable à la hauteur de celle de cette ancienne école attachée à sa ferme que, si j’en avais les moyens, j’achèterais bien (elle est à vendre).

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Dimanche

         Aujourd’hui dernier jour de froid parait-il ? En tous cas, nous nous allons vers un choc thermique assuré puisque nous partons demain à Hyères pour enfin voir les corps de métiers qui devraient entamer prochainement les travaux de la maison. Nous passerons donc du sapin au palmier…

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07 janvier 2009

Billet d'Edmond : offensives

Autrefois (je parle d'il y a cinquante ans) l'ordre des rubriques des journaux radiophoniques était immuablement : évenements internationaux et politique étrangère d'abord, politique intérieure ensuite, et le reste (faits divers, procès en cours, sports, etc...) à la fin. La télévision sema le trouble dans cette ordonnance pour la bonne raison qu'il y avait peu d'images disponibles en général, mais encore moins de l'étranger que du reste. C'est à grand peine qu'avec 24 heures de retard ou plus on pouvait nous montrer Krouchtchev assistant au défilé de l'Armée Rouge sur la Place idem, alors qu'il était possible de diffuser le soir même des images du défilé de Dior, collection de Printemps, ligne trapèze, mais oui mesdames. C'est pourquoi sur le Journal du petit écran s'infiltra d'emblée une certaine fantaisie intellectuelle, voire le joyeux désordre du n'importe quoi. S'y ajoutèrent à la longue les effets délétères de la conviction qu'avaient la plupart des hiérarques du PAF d'avoir affaire à des ploucs juste capables d'apprécier un fade ron-ron pour concierges (je demande pardon aux concierges). J'en ai eu un énième exemple éclatant le 6 janvier en tombant par hasard sur le JT de 13 h sur France 2. C'est comme toutes les bonnes choses, on a beau n'être pas surpris, on ne s'en lasse pas.

Donc, voilà la grande nouvelle : c'était l'hiver, et il faisait froid. Rendez vous compte, il avait même neigé, sur Paris et autour. On nous montrait des paysages un peu blancs, quelques centimètres de neige, on interrogeait des dames emmitouflées qui avaient un peu glissé sur la route en emmenant le petit à l'école, on nous montrait un véhicule qui avait terminé sa course du jour dans un fossé, que des trucs comme ça pendant cinq minutes, un hachis d'insignifiances que le localier  d'une feuille de chou de province n'oserait pas servir à ses lecteurs. Et qu'en outre on jetait sans honte à la face de millions de gens qui eux, pour habiter des régions vraiment froides et rudes, vivent couramment et à la puissance 3 les mêmes petits tourments et doivent bien rire ou pleurer devant tout ce nombrilisme Parisien. Ah, mais c'est vrai, où avais-je la tête ? Dans ces montagnes et ces plateaux intérieurs reculés, on a l'habitude, donc on n'a aucun mérite...

Et puis on est passé enfin à une autre offensive, qu'il faut croire moins importante puisque venant après, l'offensive israélienne à Gaza. Juste 600 morts d'un côté, et 6 de l'autre. Je note au passage que le taux de couverture télévisuelle des morts israéliens est 26 fois supérieur à celui des morts d'en face. Oui, mais c'est sûrement parce que les Palestiniens ont l'habitude.

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Billet d'Edmond : le 25 février 2007

Près de deux ans et une crise mondiale après, ce texte publié à l'époque sur la Pinochetisation du Chili et de l'économie mondiale :

Milton Pinochet

On sait que Pinochet a fini par mourir, comme chacun de nous un jour ou l’autre (enfin, sauf ma tante, parce qu’elle appartient à cette catégorie de gens qui nous enterreront tous, mais c’est un autre sujet). Inévitablement ce décès a fait s’exprimer un peu partout des regrets. Ceux, logiques, de ses partisans indomptables. Ceux, souvent hypocrites, des défenseurs des droits de l’homme qui ont déploré que n’ait jamais pu s’ouvrir le procès de l’ex dictateur.

A vrai dire, un procès pour quoi faire ? Augusto Pinochet est à coup sûr responsable de la mise à mort des institutions légales du Chili, et indirectement, de la mort de Salvador Allende. A ce titre il aurait pu être traduit devant une Haute Cour comme Pétain l’avait été en 1945 en France. Les Chiliens en ont apparemment décidé autrement. Il n’y a pas si longtemps Pinochet était encore sénateur à vie. Cette abstention judiciaire au Chili même, que je crois nuisible sur le long terme, a de bonnes et de mauvaises raisons. Les bonnes sont qu’à l’abri de cette impunité la démocratie chilienne a pu renaître doucement. Les mauvaises sont que le coup d’état de 1973 fut appuyé ou du moins toléré par une grande partie du personnel politique chilien de l’époque et notamment  la Démocratie Chrétienne, et que ces gens là n’ont pas trop envie qu’on revienne là-dessus.

Sauf cette hypothèse de Haute Cour, toutes les autres variantes de procès Pinochet n’auraient été que des comédies vouées à l’échec. L’ONU n’a jamais fait mine de créer une Cour Pénale consacrée aux évènements du Chili : il aurait fallu en inaugurer une vingtaine d’autres pour des cas équivalents. Une plainte déposée en Espagne par des parents d’espagnols assassinés par le régime chilien a failli aboutir à la remise de Pinochet aux autorités de Madrid. Londres trouva un subterfuge pour renvoyer au vieux général l’ascenseur de la guerre des Malouines. Mais on se demande ce qu’aurait pu donner un procès - traînant forcément en longueur - où l’accusé aurait eu beau jeu de démontrer qu’on n’avait aucune preuve de son implication personnelle et directe dans les forfaits dont on l’accusait : à mon avis quelque chose de pire que le « procès » de Saddam Hussein.

Bref Augusto Pinochet a tiré sa révérence et tant mieux. Il y a quelques jours, ou semaines – je ne sais plus – nous avions enregistré le décès de son camarade Milton Friedmann. On salua « un homme qui avait changé le monde ». Rien que ça. Friedmann était le théoricien en chef de l’école des économistes « néo-libéraux ». A ses yeux il y avait toujours trop d’Etat. Ses élèves s’installèrent au Chili dès le 12 septembre 1973. On privatisa tout. L’économie chilienne ne repartit pas, mais les inégalités devinrent insupportables (aux pauvres, s’entend). Les Services Publics et Sociaux furent détruits à un point tel que si l’Eglise n’avait apporté son concours aux plus démunis certains quartiers de certaines villes auraient plutôt évoqué Haïti que le pays pourtant malade qu’avait laissé derrière lui Allende. Aujourd’hui tout va mieux, mais finalement pas vraiment mieux que dans les pays voisins et comparables (Argentine, Uruguay, Brésil). Pas convaincant, le Friedmann. Mais enterré avec les honneurs quand même, tant il est vrai que cette « Science Politique » est un charlatanisme bien utile. Si vous me trouvez excessif, méditez cette phrase de Keynes évoquant l’Economie Politique :

          « l’enseignement de l’incompréhensible à des indifférents par des incompétents ».

Finalement je ne sais pas qui, de Milton Friedmann ou du Général Pinochet sera considéré, à la longue, comme le plus mortifère.

P.S.  Tous ces évènements sont l’occasion de rappeler que l’écrivain Isabel Allende n’est vraiment pas la fille de Salvador Allende. C’est une cousine éloignée. Ils ne se sont pas souvent vus, et pas souvent parlé, ces deux branches de la famille n’étaient pas en bons termes. Salvador, médecin des pauvres comme l’était Clémenceau, était plutôt mal vu des autres Allende. Mais il ne détestait pas sa lointaine cousine. Leur non proximité était tellement évidente qu’elle vécut encore quelques temps au Chili après le Coup d’Etat et en partit en raison d’une atmosphère générale détestable plutôt que sous le coup de menaces précises. Le malentendu faisant d’elle une victime directe de Pinochet lui porta chance : le seule de la famille qui en eut, somme toute.

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04 janvier 2009

Du 29 décembre 2008 au 4 janvier 2009 (1ère partie)

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Tout d’abord, je souhaite une bonne année à tous mes fidèles lecteurs et aux moins fidèles aussi, je ne fais pas de discrimination. L’essentiel pour moi est que je puisse apporter un petit plaisir à tous ceux qui ouvrent mes pages. Cette année 2009 sera celle des grands changements : déménagement à Hyères dans le Var en juillet, ½ retraite car je pense continuer mon activité partiellement. Je dirai donc adieu, avec beaucoup de nostalgie et le cœur bien gros à la montagne qui nous a vus vivre pendant 25 ans. Je deviendrai donc une citadine. Ça fait si longtemps que je n’ai plus habité en ville : 28 ans exactement.

Comme je ne suis pas du genre à pleurer sur mon sort, je me persuade que la découverte d’un nouveau milieu ne peut être qu’enrichissement personnel et puis… En deux heures, on est sur les pistes de skis.

Lundi

         Ce matin, il fait -12° quand je pars sur les pistes. Aujourd’hui, c’est le jour du ski-joëring et ma chienne est toujours aussi courageuse. Elle fait des progrès et connaît déjà mieux la droite et la gauche. Si j’arrive à l’entraîner suffisamment, peut-être nous amuserons-nous à faire la course sur le plateau le 7 et 8 février.  Je n’ai rien à espérer sinon m’amuser car le niveau est très élevé et je ne skie pas très vite.

         Impossible de faire la moindre photo ce matin : il fait si froid que je n’ose pas me déganter et l’onglée est parfois un peu handicapante.

Mercredi

         Dernier jour de l’année. Le froid s’est transformé en doux et le thermomètre affiche obstinément 1°. La neige a remplacé la pluie mais c’est une neige mouillée, même pas une neige à bonhomme. L’essentiel est que plus haut, elle soit meilleure.

         A midi, nous partons vers Paris voir la génération précédente. Nos vieilles dames de 95 et 97 ans nous attendent avec impatience.

         Au passage je croque avec mon petit appareil le château fort de Châteauneuf en Auxois, au sommet de son village. Château édifié dès le 12ème siècle

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Jeudi 1er janvier 2009

Rituel : sortir au petit matin dans le parc du château de Sceaux, au moment où le soleil se lève. C’est d’ailleurs à cette heure que les gardiens ouvrent les portes. Aujourd’hui, c’est à 8H. Je constate d’ailleurs qu’il y a vingt minutes d’écart entre ici et chez moi, situé évidemment plus à l’est et au sud.

Il fait donc encore assez nuit et je stationne devant les grilles encore fermées, attendant les gardiens qui arrivent quelques minutes plus tard.

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Il ne fait pas très froid, environ 3° mais humide. Hivers assez classiques de la région parisienne. Les hommes ouvrent la fenêtre et me disent tout bonnement : « On ne sait pas si on va ouvrir, le tour du canal est peut-être gelé… Et vous savez, on est encore en alerte jaune !!!!!!!… »

Mais la température est positive et les trottoirs ne glissent pas. Surtout, ne pas prendre de risques, on ouvre le parapluie. L’individu est maintenant déconsidéré et assimilé comme faisant partie d’une sorte de bétail pour qui on doit prendre toutes les décisions de sécurité à sa place. La capacité du jugement personnel n’est plus de mise. C’est d’autant plus stupide qu’une personne venue me rejoindre m’a signalée que, la semaine d’avant, où le froid avait été vif, le parc était ouvert tous les jours. Finalement, ils ont ouvert sans ouvrir : la grille principale est restée close mais pas les petites entrées, et ça, je ne l’ai découvert que trop tard : 10 minutes de parc et retour à la maison. On fera mieux la prochaine fois !

Vendredi 

         S’il y a BLR un jour, il y a forcément S/E le lendemain.

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Là je peux garantir que la température a bien baissé, qu’il gèle et que les chemins du parc des Réaux glissent à mort. Ce qui ne m’empêche pas de sortir de la confortable chambre N°4 du château,

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pour aller contempler les canards qui font du patin à glace.

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         Un peu plus tard, dans la matinée nous partons nous promener un peu à quelques kilomètres de là sur le bord du plateau du gâtinais au hameau des Roches, sur la commune de Videlles, avec ses bois touffus et ses grands champs labourés ou au blé naissant.

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La géologie des lieux est la même qu’à Fontainebleau et le grès a façonné, là aussi, des rochers aux formes parfois bizarres.

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         On est d’ailleurs visiblement dans d’anciennes carrières. La prochaine fois, nous prendrons plus de temps pour nous y évader car ce lieu ne manque pas d’intérêt.

Posté par martinev à 20:30 - Journal - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Du 29 décembre 2008 au 4 janvier 2009 (2ème partie)

Samedi

         Retour au bercail dans la fraîcheur de notre petite maison temporaire : il faut dire que nous passons des 23° des appartements de nos anciens à 18° chez nous, dans la salle de séjour. Impossible de chauffer plus.

         Cet après-midi, ski pour moi. « Batterie faible » me dit mon appareil photo et donc impossible de vous montrer la moindre image. Il est vrai que la brume est dense et le froid vif. J’ai récemment acquis des moufles en mouton fourrées et ne les regrette pas une seconde, même si ce genre de protection n’est pas académique pour le ski de fond. 9 kms en tout, on se sent si bien après.

Dimanche

         Pourquoi vouloir aller si vite? C'est si beau l'hiver.

Enfiler son manteau, sentir son nez rougir.

Regarder les étoiles

luire dans un ciel glacial.

Chaque saison

rythme notre raison

et notre dur labeur

est riche de couleurs:

L’hiver est blanc et gris

comme la petite souris

qui trottine et patine sur la neige étalée,

laissant ses petits pas

jusque devant ma porte où il fait bon aller.

L'hiver c'est si doux.

Rester dans son coton où s'éclater dehors

comme une biche dans l'aurore.

(Auteur inconnu)

         Ce matin, une fois la brume envolée, je pars skier à Lachat : pistes toutes neuves qu’on dirait tracées juste pour moi.

           

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Puis sur la route du retour, je pousse mes pas vers une maison inhabitée la plupart du temps. Il est possible qu’elle soit très ancienne : quelques fenêtres en ogives ou à meneaux tendraient à le prouver, à moins que ce ne soit de la récupération. En tous cas, elle vaut le déplacement : avec son puits sur le devant, elle est charmante et originale, dans un cadre unique de prés et de bois harmonieusement répartis. Les arbres sont d’argent sous le soleil généreux d’aujourd’hui. Tout se prête à l’image.

               

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Posté par martinev à 20:29 - Journal - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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