Un certain chêne vert

Cheminement au jour le jour d'une vie banale

28 décembre 2008

Du 22 au 28 décembre 2008 (1ère partie)

Lundi

         Jour ensoleillé pour un début d’hiver et pas froid, juste un petit 0° en ce matin de ski avec ma chienne qui reviendra en boitant à la maison. Elle a du se tordre une patte dans un trou de neige.

         La combe de la Chandeleuse est toujours aussi sauvage. Une fois les chasseurs chassés, eux-mêmes, par la neige, elle retrouve sa solitude et un havre de paix pour les espèces animales qui habitent ces lieux à l’écart des touristes.

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Mardi

         En 1888, un 23 décembre, Vincent Van Gogh s’est coupé l’oreille après une dispute avec Paul Gauguin.

         C’est aussi, et cela n’est pas une surprise, l’anniversaire de Carla Bruni qui fêtera ses 41 ans dans l’intimité avec son époux, entre deux présentations de mode dans l’hôtel quatre étoiles de la « favela » de Rio qu’ils ont choisis pour séjourner. En leur honneur cette chanson du groupe canadien « Beau dommage » : 23 décembre. Langage outre atlantique souvent difficile à comprendre, mais tant pis !


Découvrez Beau Dommage!

Mercredi

         Et oui, ma vie est bien monotone : ce matin, promenade à cheval avant quelques bilans cet après-midi, si tant est que les patients ne m’aient pas oubliée. Les chemins sont d’accès difficiles, la neige lourde a cassé des troncs et des branches qu’il nous faut enjamber, difficilement contourner ou passer dessous. J’ai bien failli me faire décapiter par une branche dont j’avais méjugé la hauteur. Arrêter un cheval engagé dans une difficulté n’est pas chose simple : ils ont envie de se débarrasser de la gêne et donc, au contraire, d’accélérer. Mon cheval est sympa, il a évité mon scalp et a accepté de me laisser descendre avant le désastre.

         Finalement, dorénavant, je ne travaillerai plus les après-midi précédant les fêtes : sur trois bilans, deux m’ont oubliée. Tant pis pour eux.

Jeudi

         Hier soir, je suis allée à la messe de P. Les messes de village sont souvent plus conviviales que celles de la ville. Mais là, je dois dire que côté recueillement, on repassera. Conventionnelle, bien sûr, je ne m’attendais pas à autre chose, Noël reste Noël, et le petit Jésus rejoindra toujours sa crèche en procession, porté par les enfants. Par contre, que le fond de l’église serve de cour de récréation à des bambins braillards, c’est autre chose. Les parents n’ont pas toujours le sens des convenances. Il est vrai qu’une messe à 19H30, c’est pratique pour les familles : messe, gueuleton… Et tout le monde au lit, en attendant, au réveil, le Père Noël pour les petits qui, justement ce jour là se réveilleront aux aurores.

         Ce matin, entre le foie gras et le saumon sauvage, je décide de m’aérer. Je pars donc dans la forêt du Comble. Le temps est brumeux mais un rayon de soleil finit par percer, salué par le chant mélodieux d’une mésange. La neige a bien diminué mais il est toujours difficile de marcher. L’avantage est qu’on repère facilement les traces d’animaux et, parmi celles de chevreuils, de sangliers et de lièvres, mon œil est attiré par une grosse. Ça ne peut pas être celle d’un gros chien, on ne voit pas la trace de griffes. J’en déduis donc, vu la taille, les quatre doigts et la forme que c’est une trace de lynx. Ce n’est pas une surprise, mais il est quand même rare de tomber dessus, comme ça, au hasard.

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Après le déjeuner, direction plateau de Retord. Le repas un peu arrosé ne permet pas de grands exploits et les dameurs ne se sont pas donné grand mal pour faire une jolie piste, mais le soleil couchant nous offre une diversité de couleurs douces et agréables au regard.

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Du 22 au 28 décembre 2008 (2ème partie)

Vendredi

         Journée glaciale : il souffle un petit vent d’est, froid et porteur d’un peu de neige, mais juste de quoi recouvrir la vieille neige et donner un air tout neuf au paysage. Nous avons programmé une journée lyonnaise avec visite du quartier des terreaux, sa place,

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et les petites rues aux échappées transversales vers Fourvière et la tour.

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Je réussis à me glisser furtivement dans une traboule, ce qui est un exploit puisque maintenant toutes les entrées sont digicodées.

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Puis courses l’après-midi à la Part Dieu, dans la foule. Entre les deux nous déjeunons au Bistrot de Lyon, rue mercière, au décor 1900. Justement, une équipe de télévision est là pour faire un reportage sur le champion du monde des écaillers (ceux qui ouvrent les huitres) vêtu d’un tablier au blanc irréprochable et de sa toque de cuisinier. Drôle d’exploit, mais pourquoi pas ?

Samedi

         -6 et un grand soleil quand nous arrivons sur le plateau pour avaler nos kilomètres à ski. Programme pour ceux qui connaissent (oh ! Mes nombreux lecteurs !) : Chapelle de Retord, les Solives, Grange à Lucien, Balcon du Mt Blanc, ferme de Retord puis retour aux Solives et Chapelle. Mais… on a oublié le bonnet et la brume qui commence à déborder des Alpes jusqu’à nous refroidit fortement l’atmosphère. Glacés, les oreilles qui brûlent (l’onglée aux oreilles, ça existe), on jure qu’on ne nous y reprendra plus à être si étourdis et on change l’itinéraire pour éviter ce brouillard qui transperce et ce vent qui souffle sur nos têtes nues, l’enserrant comme dans un étau.

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         Non, je ne veux pas de musique dans la voiture, même France Musique. J’ai la tête pleine de ce paysage de montagne, elle détruirait la poésie qui trotte dans ma tête, elle ne pourrait pas être en adéquation avec ce que je vois quand je ferme les yeux. Je me jure aujourd’hui que je reviendrai le prochain hiver, je ne peux abandonner pour toujours, sans trahir, ce que j’aime.

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22 décembre 2008

Billet d'Edmond : Caganer

Puisqu'on s'approche de Noël je voudrais signaler, pour l'édification des lecteurs de ce blog et en particulier des habitués, cette curieuse coutume catalane du "caganer".

Le caganer (du verbe cagar, qui veut dire, sauf votre respect, chier) est un personnage de la crèche dont l'origine remonterait au XVIIème siècle, voire avant. En principe c'est un paysan un peu sot que l'annonce faite par les anges aux bergers a surpris en pleine opération de faire caca, pour parler simple. Et c'est donc pantalon baissé que le caganer court à la grotte. Plus rarement, dans les crèches mysogines, c'est une femme qui s'y presse la robe relevée. Vu de devant le caganer est un peu ridicule, sans plus. Vu de derrière il présente à notre admiration ses fesses nues au pied desquelles s'enroule une crotte splendide.

On peut, selon la sensibilité et les options géopolitiques  de chacun, y voir une attendrissante coutume rurale, une grossiereté bien digne de ces foutus catalans, ou un intéressant rite de soutien aux vertus nourricière de la terre. Quoi qu'il en soit il est devenu inévitable de cacher (car le caganer, un peu honteux, se cache forcément) un caganer dans chaque crèche catalane, sauf celles des églises (quand même !). Et le grand plaisir des enfants, le soir du 24 décembre,  est de chercher où se planque le caganer. D'autant qu'on en fait en chocolat ...

Au vingtième siècle le caganer a pu prendre la forme de personnalités connues. Ce serait même un signe de notoriété certaine pour un homme (ou une femme) public que d'avoir "son" caganer. Il y a une cote des caganers. Je me demande si je ne vais pas commencer une collection.

Ces derniers temps, un caganer très prisé a fait son apparition. Regardez :

Caganer

Et oui, c'est lui, l'Inévitable. Gros succès. Il est même à la crèche, le bougre. Qu'on ne s'offusque pas, et que nul ne cherche à m'appliquer la jurisprudence poupée vaudou. Des gens très bien ont leur caganer. Thierry Henry, la femme de l'héritier du trône, et jusqu'à Juan Carlos de Bourbon et Bourbon, figure respectée s'il en fut. Allons, visiblement les catalans sont plus cools avec notre pauvre Président que ne l'est Angela Merckel.

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21 décembre 2008

Du 15 au 21 décembre 2008

Lundi

         Le temps est un peu nuageux tandis que dans le sud, paraît-il sévit toujours le cataclysme météorologique.

         Ce matin, j’emmène ma chienne sur les pistes de ski de Lachat. Je les connais bien puisque c’est là que je me promène à cheval l’été et elles sont très tranquilles. Mais cette fois, c’est en ski joering. Plaisir de vitesse, entraînée par une chienne très courageuse et qui ne ménage pas sa peine. Son quart de sang Husky parle : elle aime tirer et comprend bien maintenant mes ordres sauf droite et gauche qu’elle confond, m’entraînant parfois là où je ne veux pas. Mais au stop, elle s’arrête et on repart dans le sens choisi. Je ne désespère pas de lui faire comprendre le sens de l’orientation humaine.

                                                                                       

12 15 Rubia en ski joering Lachat 005

Le problème du ski joering, c’est qu’on n’a pas le droit d’emmener des chiens sur la piste, même en harnais, sauf si elles sont réservées à cet effet, et encore on doit payer assez cher. Le hic c’est que de telles pistes sont utilisées en priorité par des traîneaux et qu’elles sont assez saccagées. Je prends donc le gauche. L’avantage de « Lachat », pistes très familiales, est que je connais bien le dameur qui, jusqu’à maintenant, a toujours fermé les yeux. Jusqu’au jour où quelqu’un, bêtement, se plaindra. Heureusement un lundi matin, il n’y a pas foule et les gens que je double sont plutôt bienveillants à mon égard.

Mardi

         Ce matin, je suis partie plus tôt que d’habitude et l’envie m’a prise, avant de commencer à travailler, d’immortaliser une fois de plus le lac de Nantua, embrumé encore au sortir d’une nuit d’hiver.

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Il est 9H48 quand j’arrive chez eux et je n’ai que trois minutes de retard, à cause d’un coup de fil d’un client qui a annulé son rendez-vous. Je rentre dans la cuisine qui tient lieu d’entrée et de pièce à vivre à la fois. Le poêle ronfle avec ardeur du bois qu’on vient de lui enfourner dans la gueule : il ne fait jamais assez chaud pour qui reste toute la journée en fauteuil roulant. Je salue d’un bonjour bienveillant et j’entends pour réponse, hormis le maître de maison, le plus intelligible, de vagues grognements. Je demande alors à Madame si ça va et on me répond « Pourquoi qu’ça irait pas ? ». « Bien entendu », je rétorque. Pourtant il y en a des motifs pour que ça n’aille pas… Mais « Chez ces gens là ! » comme dit Breil, on ne dit pas, on supporte. On s’installe et on travaille. J’ai apporté mon ordinateur portable pour changer et varier un peu : dire les images qui défilent, le plus vite possible. Soudain, je m’évade, un ronronnement régulier d’engin qui s’anime un peu me fait partir en voyage : une sorte d’avion qui se met à rugir puis s’apaise, rugit de nouveau et s’élance enfin de toute sa puissance. Je dois être assise au-dessus des moteurs, c’est infernal. Ce n’est pas possible, on ne s’entend plus là dedans, je dois crier pour me faire écouter et je devine ou je lis sur les lèvres les réponses. Puis, quelques minutes plus tard, l’engin doucement atterrit, le moteur s’essouffle puis s’arrête dans un dernier gémissement et je me réveille tout à fait. La machine à laver s’est tue et monsieur en ouvre le capot pour sortir le linge si intensément essoré. Je suggère alors, tout bas, pour ne pas vexer, que ça serait mieux qu’on puisse travailler sans ce bruit. Madame me répond, comme une enfant qu’on accuse : « C’est pas d’ma faute, c’est pas moi qui y ai mis ». On se quitte alors et de la même façon qu’à mon arrivée, je bredouille, le plus chaleureusement possible, un « Au revoir, à la semaine prochaine ». On ne me répond même pas, on me regarde juste partir, l’œil indifférent…

Mercredi

         Grisailles toute la journée mais je suis vissée à mon bureau et ce n’est que le soir que, tant qu’à faire d’avoir froid dans la maison, autant sortir. Je prends ma canne en buis, celle que j’avais acheté dans le Lot, il y a une vingtaine d’années à un petit vieux qui en avait fabriqué une dizaine qu’il négociait pour sans doute pouvoir acheter son « tabacccc » ou autre petite douceur et je pars sur la route forestière. Le début est facile mais très vite je me retrouve dans la neige profonde où les traces d’animaux sauvages se croisent. La nuit n’est pas complète mais suffisante pour procurer une sensation un peu angoissante. Je reviens donc vers la civilisation par un chemin que je connais bien et me retrouve enfin à la maison devant un film idiot que je n’écoute qu’à peine…

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Samedi

         Ce matin est réservé à mon coiffeur, celui qui coiffe les queues des chevaux. Le petit maître de Bourg en Bresse. Il faut donc que je fasse mes 60 kms pour me faire belle, ou au moins tenter de le faire. Sur le parcours, en descendant le Berthiand, je ne manque pas de m’arrêter pour photographier la vallée de la rivière Ain sous son toit de nuages.

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Puis, les cailles de midi avalées, nous partons à Cuvéry skier. Le temps est brouillasseux à souhait mais peut-être trouverons-nous le soleil en haut, Eh non ! C’est la purée de pois, le coton mouillé mais tant pis, on y est on ne s’arrête pas et au moins les distances ne sont plus mesurables, on ne voit que ce mur opaque devant nous mais nous savons très bien où nous allons.

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Dimanche

Ce matin, j’ai augmenté mon vocabulaire de façon significative par l’apport d’adjectifs tous azimuts.

Voilà je vous livre tels quels les traits dominants de ma personnalité tels que je les ai découverts moi-même dans mon horoscope 2009. Est-ce vraiment ça, moi ? Je ne me trouve pas très sympathique. Peut-être après tout, on se connaît mal soi-même…

Avec un tel Ascendant, votre comportement laisse apparaître qu'aux yeux des autres, vous êtes secret, puissant, dominateur, résistant, intuitif, affirmé, charismatique, magnétique, volontaire, audacieux, perspicace, passionné, créatif, indépendant, vigoureux, généreux, loyal, travailleur, persévérant, indomptable, possessif, rusé, obstiné, ambitieux, instinctif, tenace, sexuel, sexy, fier, intense, avez l'esprit de compétition, mais vous pouvez être aussi agressif, destructeur, têtu, angoissé, tyrannique, pervers, sadique, violent, égocentrique, complexe, critique, cruel, méchant, dur, jaloux, calculateur, vulnérable, dissimulateur.

On s’approche tout doucement de Noël. Cette année nous serons en comité très réduit, tous un peu éclatés par ci par là. En attendant ce jour si attendu par les enfants (mais pas vraiment par moi, je n’ai jamais beaucoup aimé Noël), on se promène, à cheval, à skis, à pieds, en devisant sur les wagons restaurants d’antan. Ah ! C’est plus ce que c’était ma pauvre dame…

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Sur cette photo où la Grande Montagne est chapeautée de brume, on distingue encore très bien les anciennes pistes de ski de descente de P que nous avons connues il y a 25 ans à notre arrivée. Le vieux remonte-pente a été démonté et tout est oublié, ou presque.

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14 décembre 2008

Du 8 au 14 décembre 2008 (1ère partie)

Lundi

         Je vis dans un entre deux : on sort d’une perturbation et on nous en annonce une autre pour demain avec de la neige pour changer. Entre deux de ma vie : j’ai déménagé et je suis en attente du prochain en juillet. Alors, je peuple mes loisirs de mes activités favorites, regrettant le peu de temps que me laisse mon travail pour profiter pleinement de chaque instant.

           Grand dilemme pour ce matin : ski ou cheval. Certains diront : Quelle chance elle a ! Oui, c’est vrai, j’en conviens, c’est pourquoi je ne me plaindrai pas et sans contestation, je choisis le cheval puisque de toutes les façons, il faut que j’aille lui donner son foin. Nous allons dans un endroit particulièrement excitant pour les chevaux et le mien n’échappe pas à la règle : il s’agit de l’ancien terrain de cross hippique d’Izernore, c'est-à-dire un lieu aux étendues consacrées à des obstacles naturels disséminés sur plusieurs hectares en forêt. On y galope donc dans de grandes allées entre de vieux obstacles, malheureusement à moitié démolis.

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J’ai le souvenir de ces compétitions de haut niveau particulièrement dangereuses. Les chutes pouvaient être impressionnantes et l’une d’elle fut un jour mortelle : le cheval loupa son obstacle, appelé « Le toit de la Bergerie »,  sorte de plate-forme au-dessus duquel l’animal sautait pour atterrir en contrebas. Cette fois là, il n’avait pas assez d’élan et ses pieds heurtèrent le bord. Le cheval tomba sur la tête de son cavalier… Même casquée, le coup fut fatal.

Aujourd’hui, le terrain est gelé et donc risque de glisser. Néanmoins, mon cheval a très envie de galoper et je le laisse faire au retour avec une certaine appréhension.

Pour la première fois depuis longtemps, le gasoil est passé sous la barre des 1€ le litre : 0,999 pour être précis.

Mardi

         Ce soir il neige plein pot dans la lumière des réverbères

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et demain E doit prendre la route pour rencontrer l’architecte qui s’occupe des futurs travaux de notre maison de Hyères : il faut régler certains problèmes liés aux autorisations des bâtiments de France pour une ouverture de garage. Cela promet d'être ardu.

Mercredi

         Le temps est tout blanc, il a neigé toute la nuit et il neige encore. J’aime cela, contrairement à beaucoup de gens qui n’en voient que les inconvénients. Même rouler sur la neige est agréable : une sensation de flottement dans la direction, de douceur sous les roues et puis… Ce petit goût de risque... Le seul objectif est de ne jamais freiner, ce qui demande un peu d’anticipation. Je m’arrête pour quelques photos qu’on pourrait croire en noir et blanc. Tout d’abord, le lac de Nantua derrière ses roseaux.

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Puis un petit bout du jardin de notre gîte qui croule sous le poids de la neige, donnant une illusion de labyrinthe.

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Et enfin le lac de Sylans et son autoroute suspendu dans la ouate.

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Posté par martinev à 20:30 - Journal - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Du 8 au 14 décembre (2ème partie)

 

Jeudi

Visite à mon cheval qui a tout de même une vingtaine de centimètres de  neige dans son pré et c’est là qu’un abri peut se révéler utile même si les traces au sol et son pelage mouillé révèlent qu’il aime autant être dehors.                

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Vendredi

         Il a tellement neigé qu’en Isère les gens n’avaient plus d’électricité. C’est pourquoi Patricia est venue se mettre au chaud à la maison avec Titouan. Enfin une douche chaude… Pas de chance, on a tiré trop d’eau et elle est froide. Titouan s’en fiche, lui, il a bien rigolé dans le bac à douche. A 18 mois on aime faire coucou et se cacher les yeux. Alors on a l’impression de disparaître aux yeux du monde. Magie de l’enfance…

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Samedi

         Certains profitent du vent assez violent qui s’est levé, annonciateur d’une nouvelle perturbation, pour faire du kite surf sur neige.

                                                                               

12 13 Kite surf sur neige

Moi, je préfère le ski de fond. C’est ma deuxième sortie et je suis déjà moins raide. Le paysage de ce paradis du ski de fond est toujours aussi prenant et m’émeut vraiment. Impression de dernière fois et tristesse associée. Mais je ne veux pas me laisser envahir par des pensées négatives et je pousse sur mes bâtons, essayant de rattraper Edmond qui a pris de l’avance sur moi.

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Du 8 au 14 décembre (3ème partie)

Dimanche

         A chaque jour suffit sa peine et les activités ne manquent pas en hiver quand le temps s’y prête. Ici, pas de problèmes météorologiques catastrophiques, le soleil est à peine voilée par la perturbation qui sévit vers le sud. C’est donc une balade à poney pour le matin dans des prés enneigés où les traces de lièvres se mêlent aux nôtres. Si ma bête est réticente à l’aller, par contre le retour est très chaud et Aramis, excité par la chienne qui s’amuse à lui foncer dessus part dans un furieux galop ponctué de ruades et sauts de moutons bien sentis. On calme tout le monde et on rentre au pas.

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Et cet après-midi, pourquoi pas une sortie en raquettes. On loue donc le « super du matos » chez Jean No, toujours fidèle à lui-même pour ceux qui le connaissent et nous voilà partis dans la combe de Merlogne jusqu’à la ferme. Sensation d’espaces vierges où la « main de l’homme n’a jamais mis les pieds ». Combe grandiose dans laquelle il vaut mieux ne pas circuler quand le brouillard arrive, on s’y perd facilement. Quelques photos illustreront cette promenade mieux que moi.

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         Le retour par les bois offre des perspectives en courbes harmonieuses.

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07 décembre 2008

Du 1 au 7 décembre 2008 (1ère partie)

Lundi

         Petite chutes de neige ce matin qui ne me permettent pas de monter à cheval (en bas, il pleut). Ce sera donc une promenade avec la chienne vers les Granges ou plutôt vers le lieu dit « Le Sougey ».

La forêt est constituée tout d’abord de grands sapins assez bien alignés et serrés qui garantissent une luminosité faible en hiver mais une protection contre la neige pour les animaux.

   

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Puis, plus haut, ce sont des « Fayards », c'est-à-dire des hêtres, arbres de repousse après la disparition des prés d’antan. En passant sous les lignes à haute tension qui nous viennent du barrage de Génissiat, on entend un grésillement assez fort et désagréable : c’est la neige qui tombe sur les fils.

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Les maisons du coin sont massives, portent de petites fenêtres qui laissent passer peu de lumière mais aussi permettent de garder, tant que faire se peut, la chaleur de la pièce distribuée par le légendaire poêle à bois qui sert aussi de cuisinière et qu’on recharge tout le temps pour obtenir une température proche des 25° dans la pièce… On est loin des recommandations pour « sauver la planète ». Nos anciens étaient frileux mais le soir venu, ils s’enfilaient dans leur lit, sous des édredons volumineux car, là, il n’y avait point de chauffage.

     La façade des maisons est constituée au rez-de-chaussée par un renfoncement dans lequel s’ouvre la porte qui mène à la salle commune et au dessus, toujours dans ce renfoncement, la réserve à bois protégée par une palissade en planches. Voici d’ailleurs les photos d’une bâtisse non rénovée encore par des week-endistes en mal de nature.

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C’est là qu’habitaient un monsieur M, vieux garçon et sa sœur qui faisait office de transporteur d’enfants vers l’école. Il en prenait cinq dans sa Peugeot berline dont trois des miens et les petits s’entassaient comme ils pouvaient après avoir mis les cartables dans le coffre. Parfois, l’un d’eux en prenait un sixième sur les genoux. Il n’y avait, à l’époque, pas de gendarmes pour intervenir sur le parcours et vérifier les ceintures et la bonne conformité du transport. Il aurait peut-être mieux valu d’ailleurs car le brave homme aimait assez fréquenter le bar du village et partager la douce ivresse de ses compagnons de zinc, juste avant de conduire. Malheureusement, pour lui, tout du moins, un accident ne lui a pas permis de poursuivre son activité : il est monté à l’étage, au dessus de sa grange, le plancher était sans doute un peu vétuste et il est passé à travers, atterrissant sur son tracteur où il se brisa les jambes. M. était un brave homme.

     Voici une autre maison, restaurée, celle-ci et qui est habitée temporairement.

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Mardi

         Toujours le plaisir de la nuit dans une petite promenade vers mon ancien territoire. Je suis comme le chat, j’ai plaisir à me retrouver dans des lieux connus. Sur la petite route, blanche de neige, tout juste tassée par le chasse-neige, je marche avec délice, écoutant mes pas crisser. Même les lieux moches le jour paraissent enchanteurs la nuit et les arbres ont des formes curieuses, illuminés par le flash de mon petit appareil.

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Mercredi

         Jour des enfants, mais moi, au contraire, jour de travail. Je quitte donc mon aquarium aux larges baies vitrées,

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et laisse derrière moi le soleil levant qui donne dans ce ciel laiteux, prometteur de neige, une jolie couleur jaunâtre, mêlée de rose.

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         Cela fait bientôt trois semaines qu’on habite cette petite demeure au carrelage si froid qu’il m’a fallu investir dans des chaussons artisanaux en laine de mouton. Ainsi, je n’ai plus les pieds gelés le soir.

Vendredi

         Il manquait au paysage, je dirais même qu’il anime ce lieu un peu plat, au bord du lac à l’entrée de Nantua et les flashs qui se succèdent ne sont que ceux provoqués par l’installateur. Mais, pour une fois, je ne crierai pas au scandale et au vol organisé. C’est en effet, un endroit où les accidents sont nombreux. La vitesse y est limitée à 70 mais nombreux sont ceux qui ne la respectent pas ou même doublent juste avant le tournant. A voir si ça fera baisser la mortalité du coin.

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         Ce soir, petit marché de Noël à Nantua, assez intime, je dois dire, mais sympathique. Tout le monde a le sourire et j’y dépense quelques sous.

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Du 1 au 7 décembre 2008 (2ème partie)

Samedi

         Nous quittons ce matin P où il neige abondamment pour trouver une vilaine pluie sur l’Isère où nous passons le week-end. Le Père Noël a été remplacé, pour une fois par Saint Nicolas qui a apporté un petit garage à Titouan. Ça tombait bien, et drôle de hasard, nous étions là aussi. Merveilleux jouet avec ascenseur et rampe de descente et plein de petites manettes qui font du bruit, sans oublier la pompe à essence où on ne paye même pas. D’ailleurs Titouan n’a pas compris que c’est la voiture qui va à la pompe, lui, il trouve plus pratique d’amener le garage à la voiture…

   

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Dimanche

         Drôles de génisses qui prennent le soleil au balcon, à moitié cachées derrière une immense botte de foin. On les découvre à l’occasion d’une petite promenade conçue pour se débarrasser du brouillard de la vallée.

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