Un certain chêne vert

Cheminement au jour le jour d'une vie banale

27 décembre 2009

Du 20 au 27 décembre (1ère partie)

Milan (suite)

         Finalement, rien ne se passe jamais comme il était prévu et le rêve ne correspond pas à la réalité des faits : tout commence par un monsieur qui, par la fenêtre d’un train, médite devant la côte méditerranéenne qui défile.

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et des petits enfants qui, eux, sont bien plus attirés par les quelques centimètres de neige et qui crie leur joie en répétant cette petite phrase comme une rengaine : « c’est la neige, c’est la guerre ». Pourquoi la guerre, je ne le saurai jamais…, c’est le mystère des enfants.

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        Puis à Gennes, le train s’arrête, longtemps, trop longtemps. Il prend ainsi presque une heure de retard et arrive enfin à la gare de Milan où un froid intense et humide nous accueille, en même temps qu’un papa bien emmitouflé qui nous attend depuis un bon moment et qui nous décharge des petits. Cette gare (Milano Centrale) fut inaugurée en 1931, alors que la première pierre fut posée par Victor Emmanuel III en 1906.

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L’esplanade est envahie par un marché de Noël aux étalages bien tentants.     12_20_002_Esplanade_gare_Milan_001__3___Medium_

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Plus le temps pour la pizza, on pourra juste manger des sandwichs et boire un très bon café (on aura au moins sauvé ça)…

Dommage, si on avait su, finalement, on aurait quand même mangé cette pizza tant attendue car, à la gare de Milan, où règne une foire d’empoigne, tous les trains ont du retard et d’ailleurs d’un tableau à l’autre, on ne lit même pas la même chose, c’est dire de la confusion qui règne. Tout cela dans ce froid rigide qui nous gèle malgré les anoraks.

Enfin on repart vers Vintimille, avec une heure de retard, dans un train où, comme d’habitude, je m’amuse à observer mon entourage : entre des turcs musulmans de type asiatique qui, environ toutes les trois heures entament une de leurs cinq prières quotidiennes (J’ai ainsi pu m’orienter, moi aussi vers le soleil levant) et qui, entre temps grignotent des chips aussi craquantes que celles des pubs de la télé ; et une italienne à la véhémence débordante qui, colérique, téléphone pendant si longtemps à un quidam, avec force voix et gestes, s’en prenant à ses cheveux longs et bouclés, à la tablette , devant elle, qu’elle frappe du poing, à ses jambes qu’elle croise et décroise nerveusement, sans la moindre séduction. J’ai alors regretté de ne pas comprendre…

Dans la neige

         Un autre genre de sensation nous attendait en ce jour où la neige tombait sur les Alpes du Sud. Nous avions décidé d’aller voir à quoi ressemblaient ces stations de ski qui paraissent toujours si merveilleuses sur les sites internet. Vous tapez Gréolières les Neiges et vous voyez des gens surfer sur des neiges profondes et immaculées sous un soleil enchanteur alors, qu’au loin des montagnes magnifiques s’affichent dans le paysage.

        Et bien pour aujourd’hui, c’est raté : neige tombante, brouillard, voitures dans le fossé, et aucune vue dégagée…

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        Le véhicule qu’on nous avait prêté était bien chaussé, mais nous nous sommes interdit de prendre trop de risques et, avons juste fait une promenade d’une heure dans la montagne, vers Andon, par une neige douce et feutrée propre aux températures légèrement négatives, alors que par grand froid, les pas auraient crissé dans la neige cristalline.

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Nous retournerons sûrement dans cette région, assez isolée, où la crise économique frappe durement : beaucoup d’immeubles sont à vendre : villas, commerces… mais où les paysages valent sûrement le détour. Quant au ski de fond, je doute que ce soit vraiment des endroits très attractifs, juste bons pour s’entraîner.

J’ai quand même eu ma petite dose d’authenticité avec ce troupeau, recouvert de neige, qui rentrait à la bergerie du village, suivi de quelques mètres par le Patou, protecteur.

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  Et deux ronds-points décorés, à Grasse ont fini dans ma boîte.

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Du 20 au 27 décembre (2ème partie)

La houle du mouton

         Il a plu très fort hier soir, accompagné de vent violent et les éléments aquatiques finissaient tout juste leur sarabande dans les ruelles d’Hyères transformées pour l’occasion en torrents impétueux. Mais ce matin, temporairement, sans doute, le soleil brillait et j’ai décidé d’aller me promener à cheval avec, comme d’habitude, ma chienne comme fidèle compagne. Là aussi, quelques routes étaient barrées et passer à gué en voiture ne me disait rien. Je l’ai donc laissée pour continuer à pieds les 100 mètres restants.

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        La rivière avait pris des couleurs de chocolat qui lui allaient bien et dévalait sa route à toute vitesse.

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        Puis j’ai croisé des bergers qui m’ont appris la venue des moutons pour le lendemain. « Ils sont à Collobrières maintenant » me disent-ils. Rien de changé pour mes promenades, sauf que ma chienne risque d’être mal accueillie par les patous et autres border collies. Elle devra donc rester dorénavant et pour quelques temps à la maison ou alors sera prise en laisse.

        Collobrières a donc été la destination de la fin de la matinée. La houle des moutons, 2500 environs, se préparait à traverser le village.

                                                 
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et le passage du vieux pont, goulot d’étranglement rappelait presque les encombrements parisiens de départs de vacances aux entrées d’autoroute où on aurait remplacé les clacksons des véhicules par le bêlement des moutons impatients. Sauf que là, les brebis en avaient ras les pattes : 150 kms parcourues en neuf jours depuis St Martin des Alpes par une météo difficile : neige, pluies violentes, vent…

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Dès demain, ils se reposeront donc pour quelques mois jusqu’à la prochaine transhumance de printemps vers les estives. Dieu veuille que ce genre de manifestation subsiste encore longtemps…

C’était donc la semaine du mouton !

Manèges d’antan

         Fête de Noël, festival des enfants, Père Noël, papillotes, cadeaux,  sapin garni, lumières, feu d’artifice, crèches illuminées… Quelles émotions pour un petit de deux ans et demi qui en a les yeux écarquillés. Que les manèges soient du 21ème siècle ou du 19ème, ça a peu d’importance, le plaisir est le même, surtout avec Doudou !

« Qui va-t-on rajouter dans la crèche à minuit avec la vierge Marie, Joseph, l’âne et le bœuf ? »

Réponse, après avoir bien réfléchi : « Le Père Noël ! » Et oui, pourquoi pas après tout !

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Soir de Noël…

         … Et des hommes qui s’activent devant les huitres

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Pauvre tombolo

         Jour de noël et enfin le beau temps. Les gens sont sortis, trop heureux de pouvoir enfin le faire et de digérer les repas un peu lourds des fêtes. Le vent s’est levé, le mistral fait baisser une température très élevée. L’Almanarre est en pleine tempête et nous sommes loin d’être seuls à nous y promener.

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Le spectacle est à la mesure du vent et les vagues franchissent allègrement la route au grand amusement des gens qui se font mouiller les pieds.

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Mais pauvre tombolo, les digues de sable qui le protègent sont emportées par les flots, la rare végétation a bien du mal à prospérer et à plus ou moins court terme, il risquerait de disparaître à tout jamais. Alors, les salins du Pesquier disparaîtraient à leur tour.

        En attendant, le soleil se couchera toujours à l’ouest et permettra encore de bénéficier de jolis contre-jours.

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Au soir tombant

         Il devait pleuvoir, mais de pluie, point, à peine deux fines gouttelettes pour nous faire croire. Alors, au soir tombant, nous sommes arrivés sur le bord de mer des quartiers chics de la Seyne sur Mer.

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Les pêcheurs de la jetée

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Solitude du bateau

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Rocs lointains

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19 décembre 2009

Du 14 au 19 décembre

Solitude des vignes

         Je la recherche cette solitude. Je ne suis jamais aussi bien que lorsque je suis seule à cheval. Les promenades sont sans doute moins variées qu’avant, ou alors, je n’ai pas encore tout découvert (ce qui est probable) mais je me sens à l’aise avec ma bête qui connaît bien les chemins maintenant, ne répugne plus, depuis qu’il a perdu ses 100 kilos de trop, à marcher dans les caillasses et régule bien son galop sans trop chercher à me faire des misères. Bref ! On va bien ensemble, comme un vieux couple qui ne recherche plus que des rapports tendres et sans conflits. On se satisfait l’un avec l’autre : je le connais par cœur et lui sait me dire les choses qui ne vont pas comme par exemple rester immobile les rênes tendues. De grands coups de tête m’indiquent alors qu’il faut que je lâche du lest pour qu’il puisse grignoter.

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Les ennuis

         Ils font partie de la vie comme des furoncles obsédants qui pourrissent l’existence et dont on ne voit pas comment on pourrait en guérir. Ce ne sont évidemment pas des choses graves qui altèrent toutes nos pensées mais suffisantes pour gâcher des journées qui pourraient être sans histoires. En général, ils arrivent en séries :

-      Devoir changer deux voitures presque d’un coup alors que ça n’était pas prévu.

-      Se faire rayer la carrosserie et crever deux pneus par quelqu’un de mal intentionné

-      Se faire voler un bijou précieux à nos yeux.

-      Constater qu’une tuyauterie ne fonctionne plus, que l’eau dégouline le long du mur et qu’on ne peut plus faire la vaisselle.

-      Déclencher une allergie bizarre alors qu’on n’a jamais eu ce genre de problème

Bon, je vais m’arrêter là. On a le mauvais œil ! Espérons que les radiations de nos petites pierres vivifiées par la pleine lune du 31 décembre changeront le cours des choses !!!

Qu’est-ce que c’est ?

         Notre plat du soir… Sympa la couleur non ?… C’est juré, il n’y a pas de colorant, mais… Qu’est-ce que c’est ?

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La neige arrive

         Il neige à gros flocons me dit Madame B  de l’Ain, à qui je commande une provision de comté qui doit m’arriver par la poste.

        Ces mots que j’aimais entendre avant, je les redoute presque, ça me met le vague à l’âme. J’ai encore devant les yeux les flocons qui volent dans la lumière du réverbère la nuit, le silence qui s’installe autour de la maison, le bruit du chasse-neige que l’on guette au petit matin, la surprise du réveil où tout est nouveau, propre, intacte, la neige qui déborde du toit et qu’on s’amuse à mesurer, les premières traces de pattes de la chienne qui se roule de joie et se nettoie le poil dans le blanc recouvert, le feu de bois qu’on allume et cette sensation que tout est à faire, l’envie de sortir de prendre des photos, de faire crisser la neige sous les pieds, de braver les routes, de monter sur les skis, de respirer l’air froid, de souffler sur les doigts gelés… Tout ça me revient en vrac. C’est pour moi maintenant du passé. Alors, je vais sur les sites des stations les plus proches et là je lis : 0 cm en bas des pistes, 0 cm en haut des pistes.

        Tant pis, lundi, l’occasion se présente à nous d’aller voir à quoi ressemblent ces stations des Alpes du Sud. Et puis, d’ici là, il aura peut-être neigé un peu. Alors je ferai crisser mes pas dans la neige fraîche…

Fleurs de décembre

         A défaut de neige (mais sait-on jamais), je me promène comme tous les matins avec ma chienne dans la colline,

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sous le château qu’on ne découvre encore qu’à peine,

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et je m’attarde sur les rares petites fleurs qui persistent malgré le froid coupant du vent qui soufle.

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Les chardons bicolores, eux-mêmes, ouvrent tout grand leur cœur de feuilles

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Puis, l’après-midi, je rencontre, tout à fait par hasard un maquignon qui, me voyant à cheval, tenant ma chienne en laisse sur la route, me demande, chose que j’ai déjà entendue dans une vie antérieure : « Mais qui est-ce qui conduit, le cheval ou le chien ? ». Puis me demandant l’âge de ma bête (20 ans) il précise : « Ah ! Ces double poneys, ça n’a pas d’âge, ils crèvent sous leur maître »… Sans commentaire !!! Sinon que ça me laisse l’espoir d’une longue, longue vie à deux!

Milan

        Faire Milan aller et retour dans la journée et au passage se restaurer dans une bonne pizzeria, et boire un bon café italien… Non ! Ce n’est pas un rêve. Demain midi, nous y serons…

        A midi, j'ai mangé la dernière tomate de mon jardin. Les autres, les vertes, serviront à faire de la confiture...

        Je souhaite, au passage un bon Noël à tous mes lecteurs, les fidèles et les autres...

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13 décembre 2009

Du 7 au 13 décembre 2009

Les pierres magiques

         Elle nous a dit dans sa langue chilienne chuintante, en nous les posant dans le creux de la main : il faut les laver à l’eau salée puis les laisser une nuit s’imprégner de la pleine lune. Elles vont se charger en énergie positive. Ensuite vous les gardez dans votre poche et elles vous porteront bonheur. Elle, c’est la petite marchande de cailloux et objets de pacotille qui traînait son étal devant l’église à Montegrande.

        La pleine lune, ce sera le 31 décembre, la nuit de la Saint Sylvestre. On ne peut rêver mieux pour enchanter nos cailloux quartziques. Il reste à espérer que la nuit sera claire !

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Rouge de fin d’automne

         J’ai donc retrouvé mes promenades dans les vignes qui ont pris leurs quartiers d’hiver. Parfois, cependant quelques feuilles font de la résistance pour nous rappeler, sans doute, que l’automne n’est pas terminé. Le vert a envahi les chemins, pousse dans le jardin en de multiples mauvaises herbes. Ici, pas de répit pour le jardinier, il n’y a pas de neige à pelleter (peller comme on disait chez moi), mais des herbes à arracher…

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Les chats

         Ils attendent, ils connaissent l’heure. On en voit sortir de partout, comme si la cloche de leur estomac avait sonné. Une petite bande s’apprête à manger. Ils savent qui doit venir et, en effet, quelques minutes plus tard, la « femme aux chats », environ la soixantaine bien tassée, monte durement la côte, s’arrêtant pour reprendre son souffle, tirant son chariot rempli de récipients en polystyrène et de boîtes de conserve pour petits félins. Les chats connaissent leurs places et il n’y a pas de bagarres. Autant de gamelles, autant de chats qui, parfois, un peu brouillons se mélangent. Puis, lorsqu’ils ont fini leur repas, elle ramasse les plats, vidés par les petites langues râpeuses et consciencieuses et s’en va un peu plus loin dans la vieille ville où l’attend une autre colonie de chats, tout aussi impatients, s’écartant à peine au passage de ma chienne qui n’a qu’une envie, celle de leur courir après. C’est sa vie, toute sa vie. Elle les aime et ils le lui rendent bien. Au moins, dans la vieille ville, les chats errants sont en bonne santé. Je ne jurerais pas que quelques chats domestiques ne se mêlent pas aux autres pour l’occasion…

Sapin de Noël

         Si pour nous Noël se conjugue avec hiver et tout son cortège de frimas, de neige, de sapin, sans parler des cadeaux et du petit Jésus, pour d’autres, il est synonyme, d’été et de grandes vacances après une année bien remplie.

       

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                       Sapin 2009 dans l’hémisphère nord.

                       

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Sapin de Noël en été dans le Nord Ouest argentin en2005 (hémisphère sud)

Promenade dans les collines

         La journée ensoleillée nous incite à une promenade avec deux petits enfants qui, faute de sortie, risquent fort d’exploser. Les nuages lointains font présager un changement de temps.

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Mais la douceur nous fait ouvrir les manteaux et admirer les teintes pastel de la vallée.

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Les fleurs ramassées sur le chemin nous font oublier qu’on est en décembre. Mois qui pour moi, depuis si longtemps a été synonyme de neige, de froid ou d’humidité.

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Sous le vent

         Certains ne craignent pas le froid et le vent ; même ils le recherchent, c’est le moteur de leur voile

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Nous n’irons pas jusqu’à souhaiter avoir les mêmes sensations. Les enfants ont besoin de prendre l’air et faute de bonnet, les capuches feront l’affaire.

La plage de l’Almanarre est idéale pour une promenade d’après-midi ventée.

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La route est interdite aux voitures, et la plage a un air hivernal un peu sauvage. Certains ramassent des petits coquillages pour une destination qu’ils sont seuls à connaître ; d’autres jouent au bâton

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et les petits courent inventant on ne sait quelle histoire dont seuls les enfants de cet âge ont le secret, tandis que le soleil tente une percée entre les nuages gris.

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Quant aux flamands roses, à l’écart sur les anciens salins, ils espèrent les petits poissons ou autres végétaux comestibles.

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06 décembre 2009

Le 6 décembre 2009

Bien de chez nous

        Nous avons distribué nos petits présents, contemplés les cailloux laborieusement rapportés. Nous reprenons petit à petit nos habitudes et les tracas que nous avions laissés entre parenthèse, le temps d’un voyage.

J’ai retrouvé mon cheval avec plaisir et visiblement, il ne m’attendait pas. Il a tout de même fini par hennir et la promenade a été musclée : deux ou trois petites ruades pour marquer sa joie. Rien de bien méchant en somme.

Puis, cet après-midi, j’ai embarqué de nouveau ma valise pour l’Isère où je dois récupérer ma chienne. Les montagnes se sont embellies, recouverte de neige. Des montagnes bien de chez nous, que je retrouve avec plaisir, rosées par le soleil couchant.

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Coucher de soleil vers Laragne

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Hautes Alpes enneigées

        Le col de la Croix-Haute, comptait une quinzaine de centimètres de neige et les skis, dans ma voiture en ont frémi de plaisir (à moins que ce ne soit moi, je ne sais plus…)

Vertige de la neige

         Le temps était menaçant et la pluie prévue pour dans l’après-midi. Peu importe, j’étais bien décidée à skier et rien ne pouvait m’en empêcher. Les reprises sont toujours un peu difficiles, les montées semblent dures et on peine un peu, le souffle court. C’est donc à la Féclaz que je suis partie. Les pistes y sont larges et assez vallonnées, ondulant dans une forêt de sapins. Un bon technicien en ski de fond m’a certifié qu’elles sont idéales pour le haut niveau, car elles permettent tous les changements de style que je me garderais bien de vous énumérer, n’en connaissant moi-même pas suffisamment. Néanmoins, je préfère le plateau de Retord dont les vues sont dégagées et variées. J’ai quand même apprécié cette sortie. Les sapins étaient encore recouverts de la neige de la veille et même si le temps se radoucit, l’espoir d’un hiver neigeux persiste.

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03 décembre 2009

Voyage Chili Jeudi 3 décembre

La fin, c'est le tapis à babages de Roissy. E, le chapeau du Huaso sur la tête attend les valises.

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Nous avons retrouvé Hyères sous la pluie et quelques petits soucis: des rayures faites intentionnellement sur la voiture, ainsi que deux pneus dégonflés.

Une dernière question ouverte: Dans l'hémisphère sud, noël se fête en été. dans l'hémisphère sud, à midi, le soleil est au nord. Alors, d'après vous, de quel côté s'écoule l'eau dans les syphons. Faites des expériences pour déjà savoir de quel côté l'eau se vidange dans notre bon vieil hémisphère nord?. J'attends les réponses...

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01 décembre 2009

Voyage Chili Mardi 1er décembre

Notre voyage tire à sa fin, demain, nous reprenons l’avion pour Hyères, via Paris et seront chez nous le 3, un peu plus vieux de quatre heures et de retour à l’automne.

        A Santiago, nous avons appris à nous servir des bus. Il ne faut pas avoir trop peur de les prendre. Comme d’habitude, les indications sont réduites à leur plus simple expression et la vitesse de ces engins est telle qu’on a intérêt à bien s’accrocher à chaque station si on ne veut pas être jeté par terre. On s’est promené dans le centre, très animé, avec ces petits marchands ambulants, ces cireurs de chaussures et malheureusement aussi ces pic-Pocket et autres voleurs à la tire. J’en ai fait la triste expérience, ayant oublié de laisser chez nos hôtes ma chaîne en or et ma médaille qui ont disparu rapidement dans les mains d’un voleur que je n’ai qu’à peine entrevu. J’y tenais beaucoup mais que faire ?

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Place d’Armes

        Quelques parcs ont attirés nos pas comme cette longue promenade le long du Mapocho : le Parque Forestal ou de nombreux étudiants, couchés dans l’herbe « révisaient » leurs cours avant les examens de fin d’année

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ou le Cerro Santa Lucia, colline du centre ville qui attire les amoureux dans tous les recoins. A l’entrée de ce parc, réputé assez dangereux, il faut montrer patte blanche et décliner son identité (n’importe laquelle d’ailleurs).

       

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        Du haut de ce parc, on domine un peu la ville et son immensité.

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Qui cache parfois quelques maisons au style indéfinissable, propre à cette partie du monde.

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30 novembre 2009

Voyage Chili Dimanche 29 novembre

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Avant de prendre l’avion de l’après-midi pour Santiago, visite au cimetière de Punta Arenas, sous un soleil glacial traversé de quelques brèves giboulées de neige. Le cimetière est l’endroit où s’est le plus exercé l’effort d’urbanisation et d’urbanité tout court, tant il est vrai qu’on est plus attentif ici aux morts qu’aux vivants.

On a donc planté et taillé en fuseaux plus de 800 cyprès qui bordent les principales allées. Toutes les grandes familles ont édifié un mausolée, toutes les sociétés de secours mutuel qui s’étaient fondées par nationalité vers 1870 – 1890 ont bâti un monument (où sont inhumés quelques personnes, dirigeants ou nécessiteux, on ne sait pas), toutes les institutions qui comptent (marine, armée) ont aussi le leur.

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Mausolée de marbre de la famille Menendez-Montes, en forme de temple grec

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Une des allées caractéristiques.

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La tombe de José Menendez. Lui et sa femme Sara Braun firent tombe à part…

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Tout autour du mausolée José Menendez les principales sociétés qu’il contrôlait ont fait apposer des plaques pour immortaliser leur profonde et bien obligatoire affliction lors de son décès, survenu le 24 avril 1918.

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Assez loin de son mari, Sara Braun est logée dans un vaste espace de parc où s’élève un mausolée orthodoxe (sa famille était russe).

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Tombeau de la société française de secours mutuel.

Les tombes plus modestes sont souvent plus intéressantes et à leur manière plus spectaculaires que celles des notables. Profusion de fleurs, de portraits en médaillon, d’offrandes diverses qui tiennent compagnie au défunt par delà la mort et que l’on conserve dans des petites niches vitrées et même ornées de petits rideaux, telle celle de la famille Alvaradejo Diaz ci-dessous.

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L’endroit le plus couru du cimetière est le monument à l’Indien inconnu. On s’interroge sur le degré d’hypocrisie ou de repentance sincère qui a conduit à consacrer une statue et une stèle à la mémoire des indigènes préalablement massacrés. Peu à peu un culte populaire s’est établi et « l’indiecito », le petit indien, se voit attribuer des interventions et des miracles. On le prie comme un saint, on le remercie par des ex-votos, des fleurs, des ornements divers qui lui donnent une allure un peu hippie.

Conclusion démographique à l’issue d’une visite assez approfondie : la majorité des habitants porte des patronymes espagnols (qui peuvent cacher d’autres origines), devant les croates, les britanniques, les italiens, quelques allemands et français.

        Comme nous a si bien dit un petit vendeur de fruits ambulant à qui nous avons acheté des cerises, « ici, on a tout les temps : dans la même journée, on peut avoir du soleil, de la pluie et de la neige. Mais on est bien plus tranquille qu’à Santiago, on a peu de délinquants ».

        Et comme pour conclure ce discours, tandis que nous quittons Punta Arenas, une grosse averse de neige s’abat sur l’aéroport.

       

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29 novembre 2009

Voyage Chili Samedi 28 novembre (1ère partie)

Retour à Punta Arenas

L’impossibilité d’avoir une place dans l’avion du 28 pour Santiago nous imposa de prévoir une nuit à Punta Arenas. Toujours un peu de surprise en abordant cette ville, la plus au sud du monde (si l’on veut bien admettre que Ushuaia et Port Williams ne sont que des bourgades voire des villages en comparaison des 120 000 habitants de Punta Arenas) : les maisons aux toits multicolores….

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…le désordre habituel, mais avec un air de prospérité car la région a bénéficié de l’essor du pétrole et du gaz, et les conditions de travail y étant assez ingrates, les salaires sont élevés pour le Chili.

       

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Donc pas de misère, simplement du bidouillage urbanistique, genre cité d’urgence de l’Abbé Pierre, et un mélange curieux d’Europe Centrale, de tradition gauchesca et d’indolence chilienne, ou plus précisément chilote. Et le tout sous un ciel changeant, un soleil presque brûlant précédant de quelques minutes une pluie cinglante et une nuée grise sortie de nulle part.

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En 1843 il n’y avait rien ici, que de la forêt boréale et des indiens. Pour faire valoir ses droits sur la zone le gouvernement chilien décida de lotir de vastes superficies de terre et les attribuer à des colons audacieux. Lesquels durent se débarrasser à la fois de la forêt, qu’ils brûlèrent, et des indiens, qu’ils tuèrent comme du gibier, sauf quelques uns que des Pères Salésiens tentèrent de sauver en les installant sur l’île Dawson. Mais en voulant les civiliser les Bons Pères leur passèrent quelques microbes inconnus qui les tuèrent encore plus vite que le fusil des colons…

Sur les terres libérées les nouveaux propriétaires (ils étaient relativement peu nombreux et chacun de leurs lots faisait au moins 20 000 hectares) installèrent des moutons importés des îles Malouines. Pour organiser la production et l’exportation ils firent venir des régisseurs anglais, irlandais, écossais, néo zélandais. Pour le travail d’exécution les paysans chiliens venus de l’île de Chiloé surpeuplée et au climat plus doux mais aussi venteux et plus humide, donc habitués à des conditions de vie rudes, firent l’affaire et c’est grâce à eux que la Province de Magallanes parle l’espagnol. Enfin les activités portuaires, d’autant plus intense que le trafic maritime passe par là avant l’ouverture du canal de Panama en 1914, seront prises en main par des Croates qui sont la base du peuplement actuel de la ville.

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Après 1918, avec la diminution du passage maritime, puis la grande crise, puis la concurrence des fibres synthétiques qui pèsera sur le marché de la laine, la ville s’endort doucement et les grandes fortunes s’en éloignent, jusqu’à l’après-guerre et le boom pétrolier.

Depuis toujours la frontière avec l’Argentine est l’objet de chicanes qui menacent parfois de tourner à la vraie guerre. En 1978 elle aurait éclaté, à propos de quelques îles peut-être pétrolifères, sans la médiation du Pape… Quoiqu’il en soit l’armée et la flotte chilienne se font très présentes et dans les rues du centre les soldats qui s’ennuient et les chiens errants se tiennent longuement compagnie.

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28 novembre 2009

Voyage Chili Samedi 28 novembre (2ème partie)

Punta Arenas : les Patriciens.

Deux noms s’imposent lorsqu’on veut évoquer les fortunes légendaires de la laine : Nogueira et Braun Menendez.

Le premier bâtit en 1890 une petit Palais dont une partie, classée monument historique, est transformée en hôtel, où nous sommes descendus. Le Roi d’Espagne aussi, en 2004. Il ya des salons agréables….

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… et un jardin d’hiver charmant, où l’on dîne (à noter que le menu y est moitié moins cher que dans le prétentieux et scandaleux hôtel Rio Serrano).

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Les seconds, à savoir les époux Braun-Ménendez qui possédaient chacun quelques millions (oui : millions) d’hectares dans la Patagonie Argentine et Chilienne ont édifié en 1904 une grande demeure bourgeoise, dans le style Renaissance Française, où se trouve aujourd’hui un musée. La famille ne l’habita en permanence que jusqu’en 1918, puis se partagea ensuite entre Santiago, Buenos Aires et Punta Arenas. Dans les années 60-70, les réformes agraires les ayant définitivement dissuadé de continuer l’exploitation agricole, les Braun-Menendez sont partis vers d’autres cieux en léguant à la ville leur petit château et en y laissant tout en état, des meubles aux petites cuillers. C’est un instantané très intéressant du mode de vie et des gouts de magnats des années 1900-1920.

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Château Braun-Menendez : l’entrée.

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Le bureau

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La salle à manger : la toile, à droite sur le mur, a été peinte par le père de Pablo Picasso, professeur aux Beaux-Arts de Malaga.

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Le salon. Les meubles, de style Louis XV, venaient de France. La famille aurait pu s’offrir des pièces authentiques, mais préférait  les copies, plus clinquantes… …

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La chambre. Les meubles, en noyer français, évoquent assez le Faubourg St Antoine…

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Un aspect de la cuisine. Tout le rez-de-chaussée était réservé aux locaux techniques et au logement des domestiques. Il y avait naturellement le chauffage central, et chose rare à l’époque une machine venue de Buenos Aires, qui filtrait l’eau.

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La salle de bain des maîtres. Naturellement : eau chaude, eau froide.

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