Un certain chêne vert

Cheminement au jour le jour d'une vie banale

04 juillet 2009

Du 29 juin au 4 juillet 2009

Lundi

         Semaine charnière, non seulement à cause du changement de mois qui signifie pour beaucoup « vacances », et bien pour moi aussi, sauf que ces vacances vont durer très longtemps…

Mardi

         Un camion de 6 m3 plein à ras bord, une voiture bourrée et encore il faudra laisser des objets qu’on viendra rechercher un peu plus tard. Le temps est magnifique, le soleil généreux. Mais il me reste encore tellement de choses à faire aujourd’hui pour boucler le départ de demain matin.

Mercredi

         Quand je suis arrivée vers la mi août 1984, c’est un panneau un peu comme celui-ci (il était bleu) qui m’a accueillie :

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Et aujourd’hui, ce matin, c’est celui-ci que j’ai laissé derrière moi :

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Alors, je dis à bientôt aux quelques personnes de ce village qui me lisent peut-être :

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Dans ma voiture, aujourd’hui, il y avait de l’ambiance : l’horloge qui cliquetait au gré des cahots de la route, le chat qui miaulait, bien que drogué, dans sa caisse et qui parfois d’un coup de griffe surprenait la chienne à ses côtés qui jetait un aboiement plaintif, en se redressant d’un bond, surprise dans son demi sommeil. Il faisait très chaud dehors jusqu’à 34° quand nous nous sommes arrêtés pour grignoter et nous avons croisé la caravane du tour de France qui se rendait au départ prévu ce week-end.

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A l’arrivée, c’est une trentaine de cartons et quelques étagères qu’il a fallu transporter de la camionnette jusqu’à la maison qui n’est accessible qu’aux petits véhicules légers, donc à pieds. Mais pourquoi diable nous installons-nous dans un endroit si peu commode ? Et lundi, ça sera 30 m3 à décharger!!!

Vendredi

         Pas de photos à me mettre sous la dent : hors service pour le moment. Dommage, l’enlacement de quelques fleurs est parfois digne d’un cliché. Je vais donc de ce pas aller gratter le carrelage constellé de taches de peinture et d’enduit !!!

Samedi

         Le temps est lourd et orageux depuis mon arrivée, à croire que c’est justement parce que j’arrive dans la région. Quelques grosses gouttes éclatent parfois sur l’asphalte dans un bruit mat puis le soleil brumeux revient, écrasant sa chaleur sur nos épaules moites. Il faut pourtant préparer la maison, laver le sol, vider quelques cartons en attendant ceux du garde meuble.

         Mon chat a retrouvé sa liberté, il repère son nouveau territoire, allant chaque fois un peu plus loin, se mesurant aux matous du quartier. Il devra perdre les deux kilos qu’il a emmagasinés pendant ces sept mois d’enfermement.

Voilà, c'est un peu court cette semaine et assez banal pour des lecteurs (pas pour moi). je ne peux garantir une édition la semaine prochaine, je ne sais pas si ma nouvelle connexion internet fonctionnera!!!

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29 juin 2009

Du 22 au 28 juin 2009

Lundi

         Voilà, j’entame ma dernière semaine à P.

         Ce matin, il faisait froid, 12°, pas plus et un vent du nord qui aurait fait pâlir d’envie un hiver rigoureux. Néanmoins, j’ai décidé d’amener mon cheval chez moi, au gîte où je bénéficie d’un grand terrain avec un peu d’herbe. N’ayant qu’une voiture, c’est en vélo que je fais les 12 kms aller et à cheval le retour. Les granges de P sont joliment éclairées par le soleil du matin. C’est un endroit froid à

950 mètres

d’altitude, peu peuplé et sauvage. C’est maintenant un site protégé. On ne peut plus y construire où on veut, comme on veut. Malheureusement, encore trop de fils électriques !

         

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         C’est dans ce hameau que j’ai vécu 7 ans, dans une habitation peu agréable et humide. J’y suis arrivée, aux environs du 10 août, sous la pluie, le brouillard et le froid, la mort dans l’âme, venant du Lot au climat plus clément et où je me plaisais bien. Et puis je m’y suis faite, j’ai découvert petit à petit les richesses et les beautés de la région, pas obligatoirement plus rustique mais tellement plus rude que dans le sud ouest. 

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Mercredi

         La semaine s’achèvera alors que je l’aurai à peine commencée dans ma tête. Le tas des dossiers de mes patients diminue un peu plus chaque jour mais je ne manque pas de travail pour tout clôturer.

         Ce soir, à l’inverse de lundi, j’ai ramené mon cheval à son pré. Le soleil, les mouches, les petits oiseaux, tout y était.

J’ai voulu passer par le chemin de « la prairie », un peu plus long mais si authentique (comme on dit pour être à la mode, ou… magique, c’est encore mieux). C’est dans ce lieu, il y a 10 ans et dans les mêmes circonstances, que je me suis retrouvée, en fin de matinée, au beau milieu d’une rave party sauvage, avec le cheval que je venais d’acquérir quelques jours auparavant. Je suis donc passée, pas très fière, entre deux rangées de Pitt bull, à moitié baveux, tenus en laisse par des maîtres plus très frais. Dans les voitures, dormaient ou cuvaient ou rêvaient des jeunes qui ne se rendaient même plus compte de rien, ni du bruit de la sono poussée à son maximum.

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         En revenant à vélo, ce soir, à 9H et quart, le soleil allait quitter le village encore tout rose.

         

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Jeudi

         Il n’est plus ! Il chantait si bien, il était si beau et si fier de son harem à qui il rendait honneur sans compter. Il a visiblement combattu pour la vie, de toute la force de son bec et sa crête d’un rouge violent s’est mêlée au sang de ses blessures…. La renarde était là, tapie dans l’herbe haute, attendant le moment propice où de son pas saccadé, il approcherait suffisamment pour lui sauter dessus et planter ses crocs dans sa gorge fragile, celle qui lançait ce cocorico tant victorieux. Il a semé ses plumes colorées un peu partout, montrant ainsi qu’il fut un fier combattant. Mais voilà, les petits renardeaux avaient faim… Et le coq de M. V ne sera plus qu’un souvenir.

         

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Vendredi

A 15H15 aujourd’hui, j’ai fini de travailler. Je ne réalise pas du tout. J’ai plus l’impression d’être en vacances et même un peu de les voler puisque d’habitude je travaille jusqu’à la fin juillet.

         Il faut dire que j’ai fait tout ce qu’il fallait pour ne pas me laisser envahir par la tristesse. Le mot vieillir existe bien, il ferme les portes derrière lui. C’est la fin d’un état, le début de je ne sais pas trop quoi encore, un vide qu’il me faudra remplir coûte que coûte. Tous ces petits vont me manquer, un peu quand même.

         Certaines attentions m’ont touchée : une fleur offerte par Robin, un assortiment de produit lacté de la région par Choupette et surtout ce petit billet plié en quatre, donné par une petite fille au tempérament un peu rude qui cache une très grande sensibilité. Une petite fille, peu gâté par la chance; une fillette qui souffre sans mot dire sous ses allures un peu brusques. Puis soudain, d’un air timide, elle me tend ce bout de papier de rien qui pour moi, a la valeur d’un vrai cadeau, elle savait qu’elle était ma dernière rééducation. Alors, elle et ses deux copines ont pensé à moi.

         

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Dimanche

         Dernier, dernière, c’est le mot auquel je pense le plus en ce moment, entre le dernier carton de livres à fermer et le tapis à rouler, entre le dernier dossier à envoyer et le dernier fruit à acheter chez la petite marchande de fruits et légumes du Gard qui ne vient que l’été à Nantua.

         Et bien aujourd’hui, ce sera la dernière promenade à cheval dans ma forêt, celle qui m’a souvent consolée de mes soucis, qui m’a donnée de belles sensations à skis, seule ou avec ma chienne en ski-joërring, qui m’a fait parfois peur quand, d’un coup, ayant exploré un nouveau chemin, je me croyais perdue.  Il n’y aura peut-être pas de photo pour illustrer pour la simple raison que mon appareil donne des signes de faiblesse, il refuse parfois de s’ouvrir.

Et, si, il a été gentil ce petit appareil, mais il a quand même un problème.

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21 juin 2009

Du 15 au 21 juin 2009 (1ère partie

 

Lundi

         Ce matin, j’ai vainement attendu le maréchal ferrant qui m’a fait faux bond. Pour occuper mon temps, j’ai brossé, rebrossé, câliné un cheval bien content qu’on le pouponne. Comme dit une de mes filles, c’est un vrai cheval du salon de l’agriculture (sauf qu’il lui a, il y a quelques années, cassé le dos, mais ça, il ne faut pas le dire !!!). Puis lasse de tout cela, nous avons conversé, Monsieur V et moi du village où j’habite encore pour 15 jours. Quand nous y sommes arrivés, cinq à six noms se partageaient les boîtes aux lettres. Comment en reconnaître les différents acteurs, tous plus ou moins cousins ? Le BB de P ou le BB de G, sans doute, sauf que des BB de P il y en a trois ou quatre. Alors, depuis très longtemps, un système de sobriquets a remplacé les noms de famille. En voici quelques uns, tirés au hasard de la conversation :

Le Besse : je l’ai connu, c’était mon voisin, il avait eu un jumeau

Le Besset : notre ancien boucher qui parcourait les villages de sa camionnette vendant, parfois, une viande de pays délicieuse.

Noré au rnaaaard ( Honoré au renard, si vous préféré), c’était d’ailleurs le beau père du Besset.

Les Patients, Les Frères

La Maillance (forêt alluviale le long de la Saône !)

Le Marquis : celui-là, je l’ai connu. Le porte cigarette perpétuellement pendu aux lèvres qui lui avait occasionné un cancer de la bouche, le nez aussi gros et boutonneux qu’une patate, souvent bien imbibé, n’hésitant pas à rouler avec sa vieille 2 CV sur mon chat qui ne s’était pas déplacé assez vite (il n’est pas mort : le chat, bien sûr, parce que le Marquis, oui, la cirrhose ou le cancer ont dû l’emporter).

La Rame : c’est l’ Fernand, l’ paresseux de service

La Ramée, Le Moguet, Le Zigue

Le Baillonne (peut-être qu’il parlait trop)

Le Bouc (son fils)

Le Yien : celui là, il avait mis un coup de hache sur la tête de son beau frère pour s’en débarrasser : ça évitait les frais de partage ! Il paraît même, à ce qu’on dit, et sous réserve de vérité, qu’il avait d’autres meurtres à son actif. Pas de prison pour lui : il fréquentait l’église, Dieu lui pardonne !!!

Le Moloche, Le Chabot, Le Bruselet, Les Ragouilles, les Michauds,

le Bargnolan, oncle de Totor encore un personnage haut en couleur, celui-là (je parle du Totor), atteint, le pauvre d’une maladie dégénérative mais qui ne l’empêchait pas d’essayer de séduire la factrice dont il pinçait les fesses de temps en temps…

Caraba, non pas le marquis, simplement le maçon

Le Borgne, Le Marin (un genre de Marius local peut-être), cantonnier du village.

Et n’en jetez plus. Si avec tout ça, vous vous y retrouvez, je vous paye à boire. Evidemment, la plupart de ces gens là sont morts et le village a multiplié les noms avec l’arrivée massive des étrangers. Alors, plus de sobriquet !!! Ou… Presque plus… A moins que la BB que je connais, la rousse aux cheveux courts et qui ne dit jamais bonjour (ici, on n’aime pas les étrangers) ne reste la Bébé pour la vie.

Mardi

         Ce soir, j’ai remis ma chienne au boulot, ainsi, elle se dépense, sans courir après le gibier : le vélo joëring, c’est pas mal aussi, 5,5 kms pour commencer sur la petite route forestière de laquelle on a une vue panoramique sur l’autoroute et le village de C d’en face, de l’autre côté de la cluse de Nantua.

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Mercredi

         Les jours sont longs et cette fin de printemps nous offre des journées délicieuses et bucoliques. Rien n’est perdu pour Monsieur V, qui andaine son foin avec le plus grand art.

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Samedi

         Léo, Martin, Louis, Agathe, Thomas, Quentin… Ils sont tous là, ce matin, au bord du lac, sur la plage reconstituée pour l’occasion, les cheveux, depuis peu coupés à la mode de l’époque. Les canards s’en fichent, ça leur fait juste un peu plus d’animation que d’habitude !

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Silence ! On tourne.

                                                                                                

06 20  Quartier lointain

Mais ça, c’est le top. Le moins top, c’est qu’on se les gèle, en écoutant les dernières recommandations :

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il ne fait pas plus de 17° (l’eau est plus chaude que l’air), la bise souffle et les nuages cachent bien souvent le soleil qui seul, tout puissant, commande les moments de tournages.

         Alors, en attendant, on enfile les peignoirs, on se fait coiffer par la maquilleuse, on nargue les copains. Mais quand c’est le moment, on joue le jeu : le bateau hisse sa voile, le pédalo avance, les gamins plongent et replongent dans de grands éclats, pendant que sur la plage, on joue au freezbee, devant des cabines bleues authentiques ou autour d’un landau mythique des années 60 où dort un poupon de celluloïd.

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         Après déjeuner, le temps est encore un peu plus maussade, mais il ne pleuvra pas. C’est par 12° que je vais me promener à cheval dans la forêt, pour terminer par un immense et jouissif galop dans un pré aux hautes herbes tout fleuri. A l’arrivée aux Plânes, je suis accueillie avec froideur par M. Lama (non pas Serge) qui ne fait pas moins que de nous cracher dans la « gueule ».

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Du 15 au 21 juin 2009 (2ème partie)

Dimanche

         14° et un temps un peu mitigé, tirant quand même sur le soleil. Il faut que j’en profite, ce sera la dernière rando que je ferai dans les parages, peut-être même à tout jamais. Non ! Il ne faut pas se laisser gagner par la nostalgie.

         Nous avions remarqué, un jour de ski à Giron, qu’il y avait une combe que nous ne connaissions pas : la Combe d’Orvaz. Elle paraissait sauvage et verdoyante, typique de ces combes encaissées que recèle le massif jurassien. Certainement bourrée de surprises et de richesses visuelles et je m’étais promis d’y aller après la fonte des neiges.

         Une petite recherche sur internet, un coup d’œil à Géoportail et me voilà décidée. Le sac est vite rempli et j’inaugure ma paire de chaussures toute neuve pour une balade de 13 kilomètres avec un dénivelé de 510 mètres cumulés. Nous partirons de Belleydoux (dire Blédou) à l’altitude 830 mètres pour dominer un cirque classé sur la Roche d’Orvaz à 1200 mètres.

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         On ne rencontre pas grand monde sur le chemin. Ah ! Si, un vélo cross tandem (je n’en avais jamais vu).

         La promenade est très variée entre prairie où quelques chalets  s’égrènent et forêt de grands feuillus où il faut faire attention de ne pas tomber en glissant sur les feuilles mortes.

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         Mais le clou du spectacle est, en effet, le cirque d’Orvaz que l’on domine d’une hauteur de 400 mètres. Un petit chemin longe la falaise et je ne suis pas si fière, je n’aime pas le vide, comme cette entaille dans la roche.

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         Cette roche, en face, en dessous de Giron, s’appelle la Roche Fauconnière, à cause du dessin représentatif. Franchement, je ne vois pas vraiment le rapport, mais peut-être y avait-il des faucons ?

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         Orvaz est un tout petit et charmant hameau, dans le fond de ce cirque, qui domine la rivière Semine, que je remonte un peu jusqu’à sa première cascade. Mais le sentier est dangereux, glissant, en dévers et je rebrousse chemin.

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         Juste avant de revenir au village de départ, quelques gouttes s’écrasent sur ma tête mais ça ne m’empêche pas d’admirer cet anticlinal qu’on appelle ici, le chapeau de gendarme.

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14 juin 2009

Du 8 au 14 juin 2009 (1ère partie)

Lundi       

         Il faut profiter de chaque demi-journée sans pluie pour sortir et ce matin, c’est le cas. Je vais chercher mon cheval au pré et en route.

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Tout le monde galope parmi les fleurs violettes et jaunes des champs non encore fanés et je ne me lasse pas de toute cette beauté si fragile.

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Quand soudain, derrière moi, j’entends des cris… Douleur, désespoir. Je me retourne, pensant à ma chienne peut-être blessée et la voit entamer une drôle de danse avec un animal. Lièvre ? Non impossible. Alors… un petit faon nouveau né, qui dormait bien caché au milieu des herbes. Un bébé chevreuil qui crie désespérément, complètement paniqué… Impossible d’intervenir. Je crie des ordres de rappel à Rubia qui n’entend même plus. Le chevreau arrive à se sauver dans le bois mais il est trop maladroit encore. Je crie, je crie, je descends de cheval mais celui-ci se met à ronfler de peur devant toute cette agitation inhabituelle et refuse de pénétrer sous les arbres. Je ne peux donc voler au secours du bébé. Au bout de quelques minutes, je n’entends plus rien et ma chienne revient vers moi. A-t-il été tué ? S’est-il recroquevillé sur lui-même sans plus bouger et elle se sera lassée ? C’est possible et c’est ce que je souhaite. Inutile de vous dire qu’elle a reçu une belle rouste. Et pourtant, on ne peut lui en vouloir. Le chien, quoi que l’on fasse, est et restera toujours un prédateur.

Mardi

         Ce soir, je suis allée me promener dans la forêt de C, derrière chez moi. Pas de surprise, sauf un chat qui miaule désespérément en restant à une distance de sécurité. Je ne peux l’approcher : il ressemble bigrement au chat de mes voisins, celui qui impressionne tant le mien de l’autre côté de la vitre ! En revenant, la lumière sur le village de P, à moitié caché dans les arbres est superbe. C’est la plus belle heure du soir, juste avant que le soleil ne se couche.

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Mercredi

         La nuit a été pluvieuse, une grosse pluie qui m’a tenue réveillée dans la nuit : je couche sous le toit en tôle. Ce matin, beau temps. En descendant travailler je regarde le paysage habituel avec, comme toujours un certain émerveillement. D’aucun dirait « oui, je le connais par cœur, c’est comme d’habitude ». Mais moi, j’ai cette manie quand je vais quitter un lieu que j’aime, pour des raisons à chaque fois différentes, je redécouvre ce que j’avais oublié de regarder ou que je ne regardais plus par habitude et tout prend une valeur surdimensionnée, même parfois des choses que d’aucun trouverait moches. J’aurais envie de m’arrêter, de prendre le temps de sentir chaque chose, de me saouler d'images. Mais le temps ne le permet pas. J’ai du travail devant moi…

Vendredi

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         Silence! On tourne………. Action !!!

      

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         Cinéma de cinéma. On est en pleine action dans Nantua où les badauds se pressent pour voir tourner le film « quartier lointain ». Je fais de même !

         Mais ce soir, je rejoins la nature, celle que j’aime, celle qui me permet de galoper dans les prés, ceux du "Renard et l'enfant" dont les herbes me fouettent les jambes et où le cheval grappille des épis dont les fleurs forment un bouquet curieux à ses babines.

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Du 8 au 14 juin 2009 (2ème partie)

Samedi

         Le devoir filial m’appelle et je vais donc passer le week-end en région parisienne. Comme à l’accoutumé, maintenant, je quitte l’autoroute à Châlons sur Saône pour les nationales moins monotones et moins coûteuses mais pas des plus rapides, surtout quand je m’offre quelques digressions dans les vignes de Bourgogne dans la région de Gamay.

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         Il est exactement midi quand je passe devant le restaurant Bernard Loiseau à Saulieu. Pourquoi, pour une fois que je suis seule, ne pas m’offrir un bon repas dans ce célèbre lieu de la « bonne bouffe ». Je pousse donc la porte d’entrée et suis installée très cérémonieusement dans un fauteuil de velours confortable où je choisis un menu "Bourgogne" devant lequel je bave déjà 125 €, c'est cher, mais enfin…. Et bien ma vieille, tu peux toujours baver, ce sera un sandwich à la truite fumée (bio s’il vous plait), allongée sur une couverture, dans un petit pré fauché, sous un arbre avec pour toiture un ciel bleu où dansent les nuages blancs et ce n’est déjà pas si mal ! Champêtre et compagnie, alors, ne te plains pas !!!

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         J’ai poursuivi, à l’aventure pour aller voir un charmant village, à l’écart de la nationale et que j’apercevais au loin : St André enTerre Plaine. Village agricole, silencieux et où il n’y a strictement rien à faire, hormis contempler ce petit lac et ce lavoir, seules attractions particulières du patelin.

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         Ah, oui ! J’oubliais… Attention aux trains en traversant cette petite voie ferrée où circulent peut-être encore des locomotives à vapeur, si j’en crois le panneau.

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Dimanche

         6H30 du matin et départ vers le parc de Sceaux pour une balade avec la chienne, avant le petit déjeuner, de 8 Kms environ (elle est folle celle-là, vous devez vous dire). Et pourtant, c’est la meilleure heure : peu de monde ! Les maisons qu’on aperçoit du parc font parfois rêver (un peu moins quand on imagine les prix) et le grand canal offre aussi à ce moment de la journée des impressions irréalistes de double paysages.

         Nous voilà partis pour une chaude journée d’été. Cet après-midi, il me faudra reprendre la route pour rejoindre ma montagne à vaches.

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07 juin 2009

Du 1er au 7 juin 2009 (1ère partie)

Lundi

         Il faut profiter de ce jour férié ( ?) et du beau temps associé pour aller se promener. Notre choix se porte vers Tenay, à 10 Kms de Hauteville. Le départ se fait à Argis (320m), au fin fond de la cluse des Hôpitaux d’où l’on entend parfois le sifflement d’un train.

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Ce village d’environ 400 habitants, anciennement ou encore partiellement industrielle, n’est pas très plaisant. On y trouve cependant quelques vignes, restes d’anciens vignobles beaucoup plus vastes et qui recouvraient une bonne partie des coteaux de la région,

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et, sur les hauteurs, quelques jolies maisons anciennes aux jardinets de rocailles tout fleuris ou parfois un petit potager astucieux, sans la moindre mauvaise herbe.

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En montant dans la montagne, les grangeons, typiques des régions de vignes et qui s’égrènent le long du chemin sont réhabilités comme résidences secondaires.

         Puis, marchant dans des chemins qui dominent les prairies où l'on s'affaire, foin oblige,

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on arrive à Oncieux, à l’altitude de 467 m. Ce village est typique, construit en rond autour d’un pâturage collectif, aux nombreux pommiers. La pomme pourrait être l’emblème de ce village qui, tous les étés, organise une fête en son honneur.

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         Des particularités géologiques sont aussi intéressantes à observer, comme ce petit pain de sucre qui nous tire la langue,

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ou, sur le chemin d’Evosges (750m), cet anticlinal bien marqué dans le rocher

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         Puis c’est la redescente vers Argis. Des pêcheurs prennent du bon temps autour d’un petit lac et nous rejoignons notre point de départ par des chemins sous les buis et enfin au milieu de gravières, dangereuses pour la stabilité de nos pieds.

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Du 1er au 7 juin (2ème partie)

Mardi

         Hier soir, comme je ne tiens pas en place (c’est légendaire dans la famille), je suis allée dans une clairière, à la tombée du soir, observer une fois de plus la nature. Toujours pas d’animaux, hormis les oiseaux qui chantent et volètent d’arbre en arbre. Mon poste d’observation est à plusieurs mètres au-dessus du sol et je n’en connais pas la solidité. Mais finalement, tout se passe bien et j’ai pu jouir, une fois de plus, de la paix de la nature, avec pour seul bruit d’origine humaine les quelques avions qui tournent au-dessus du plateau avant d’atterrir à Genève.

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         Et, ce soir, j’ai eu besoin de me détendre. La fin de mon activité me pèse : je n’ai pas de remplaçant et les clients me demandent quoi faire. Ils se sentent désemparés et finissent par me donner mauvaise conscience. Les cabinets les plus proches sont saturés et ont des listes d’attentes longues comme des jours sans pain : jusqu’à 135 patients. Que faire ? Rien, sinon espérer que sous peu quelqu’un s’installera. Alors, je suis partie dans la forêt parmi les arbres qui jouaient avec les derniers rayons du soleil.

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Tout aurait été parfait si ma chienne ne s’était pas sauvée pendant un bon quart d’heure, poursuivant sans doute quelque chevreuil ou sanglier, sans se soucier le moins du monde de mon existence. Et c’est au moment où je me suis décidée à retourner à la maison qu’elle est revenue, épuisée, la langue pendante, presque jusqu’à terre, soufflant comme un soufflet de forge…

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Samedi

         Nantua se prépare au tournage du film « Quartier lointain », les enfants sélectionnés pour la figuration passent chez le coiffeur du plateau de tournage pour une coupe des années 60. Les vitrines de la rue principale, relookées par une jeune bande de peintres de cinéma, qui contribuent à nous créer des vitrines de charme et des cinémas Palace, sont à la mode de ces années là et les voitures de notre époque sont interdits de stationnement, les trottoirs attendent les vieilles voitures d’avant 1967. Tournage fin juin et début juillet.

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Dommage que je déménage, j’aurais bien postulé pour être figurante. Ça aurait pu être une expérience intéressante.

         Ici, dans cette vitrine réaménagée, de la lingerie. Vous noterez au passage le caractère enveloppant des soutien-gorge et les fesses bien rondes de la dame qui pose devant la tour Effel, pour mettre en valeur le futur panty (en fait un collant apparemment). A l’époque, 20 ans après la guerre, on osait déjà beaucoup et les mannequins n’étaient pas anorexiques comme maintenant.

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On avait déjà inventé les chaussures à bouts pointus et on se cachait volontiers derrière de grands chapeaux. Pas besoin de crèmes, indice 60. D’ailleurs, ça n’existait même pas, le bronzage était de rigueur. Il y a quand même un mannequin, sorte de girafe, qui a mauvaise mine.

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Une fois rentrée à la maison, bobonne, quittait ses accessoires de mode, enfilait ses chaussons, se couvrait d’un tablier et actionnait avec jouissance les robots ménagers, repérés au salon international des arts ménagers. Robots censés lui faire gagner un temps précieux qu’elle pourrait consacrer à « Papa » qu’elle avait pour mission de distraire tendrement de ses soucis professionnels. Pourquoi pas en préambule un petit bonbon. Pas toujours réservés aux enfants.

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Demain, on repartirait faire les magasins pour, peut-être, acheter la petite robe twist repérée ce matin.

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Et oui, moi aussi, j’ai porté une petite robe twist mais un peu plus tard, un peu plus courte, en 1970. J’avais alors juste 20 ans ou… à peine plus !

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Du 1er au 7 juin (3ème partie)

Dimanche

         Me voilà seule pour trois semaines non stop. E est reparti ce matin, il faut qu’il finisse la peinture de la maison d’Hyères et d’autres travaux avant la fin du mois. Beaucoup de travail en perspective et de multiples détails à régler encore.

         Aujourd’hui est un grand jour pour les escargots de Bourgogne, le genre qu’ils préfèrent, le temps des rencontres : pluie, soleil, pluie, soleil…

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Malheureusement, ce n’est pas la météo préférée de la fête des narcisses de Cuvéry sur le plateau.

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Et même si les cors de chasse tentent de chasser les lourds nuages noirs qui envahissent le ciel,

                                                                                             

trompes de chasse à la fête des narcisses à Cuvéry (01)

Ceux-ci finissent par s’imposer et se déversent soudainement en une cataracte de grêle doublée d’éclairs et de grondements et d’une tornade de vent. Sauve qui peut, tout le monde à l’abri… Fête mouillée, pauvre fête !!!

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Posté par martinev à 19:49 - Journal - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

31 mai 2009

Billet d'edmond : Billie

Un jour déjà lointain, j'évoquais les tourments subis lors du réglage d'un lecteur de DVD, perdu entre les brouillards des "Feux de l'amour" et les lunettes de Derrick. Depuis lors, Derrick est mort, mais j'ai retrouvé la voix de la Divine, celle que j'évoquais ainsi :

" ...le poste de télé s’est arrêté, comme subitement captivé, sur un feuilleton qui doit être « Les feux de l’amour ». Un protagoniste émerge vaguement du smog et dit « tu comprends, Stacy, c’est terrible » et Stacy après avoir un peu crachoté réponds « depuis plus de dix ans il ne me fait plus l’amour ». Le manuel ajoute son grain de sel : « systême de diffusion adéquat pour cet emplacement (BG ou L) ». Mon Dieu je préfèrerais encore lire du Leibniz, ça doit être plus concret. Soudain un flash atroce, les lunettes de Derrick suivies de Derrick lui même sortent du brouillard et la forme Derrickienne dit « c’est vous qui avez tué votre femme ! » C’est exactement le contraire de ce qu’il disait la fois d’avant. En plus ils se tuent tous dans cette série, et moi je vous dis : dans ce pays là les gens ne s’aiment pas. Et puis le miracle survient, tandis que le manuel chuchote « certaines stations offrent un service VPS/PDC… ». La roue infernale des programmes télé s’arrête sur une chaîne où l’on entend Billie Holliday qui annonce « Fine and mellow » et démarre, sur fond d’une section de cuivres d’un moelleux mélancolique inoui, et chante de sa voix de miel désespérée :  « mon homme ne m’aime pas, il ne me traite pas bien… ». Pur génie. Elle, quand elle dit des choses aussi plates que dans les Feux de l’amour, on y croit. Quelqu’un me demandait pourquoi dans mon blog on a l’impression que les choses vont de mal en pis. Non, elle ne sont pas pires qu’avant. Elles le sont autant. Mais de temps en temps il y a une Billie Holliday ou quelque autre innocent qui arrive et donne du sens, et ça c’est le bonheur ..."

La voici, ci dessous, cliquez sur le lien, et si vous n'aimez pas ça, passez votre chemin parce que vous en avez pour 8 minutes et 28 secondes, mais c'est avec Coleman Hawkins, Lester Young, Ben Webster, Gerry Mulligan, Vic Dickenson et Roy Elridge, c'était en 1957, et il faudrait aujourd'hui payer une fortune pour réunir un tel plateau. C'est du Racine.

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Posté par martinev à 22:30 - Le billet d'Edmond - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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